Étudiant au baccalauréat en travail social, je partage sur ce blogue mes réflexions les enjeux sociaux, mais aussi mon ancien domaine d'étude, l'histoire, ainsi que sur la politique, l'actualité, le plein air, la formule un et tout autre sujet sur lequel mon regard peut s'arrêter, dont des anectodes plus personnelles.
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Au-delà de l’accessibilité

Depuis, plus ou moins, une vingtaine d’années, les entreprises et infrastructures publiques québécoises font des efforts pour permettre une meilleure accessibilité aux personnes à mobilité réduite, dont ceux en fauteuil roulant. Il faut le reconnaître et l’apprécier même si, au fond, il s’agit d’un droit et non d’un privilège.

Cependant, ce n’est pas une question à seulement deux choix de réponses. Il n’y a pas que les lieux accessibles d’un côté et les lieux non accessibles de l’autre. Il y a les lieux semi-accessibles qui s’annoncent à tort accessibles et les lieux accessibles qui gagneraient à fournir de meilleures informations à leur clientèle.

Les lieux semi-accessibles sont ceux dont seulement une partie des commodités est accessible. Par exemple, le restaurant qui installe une rampe d’accès au bâtiment, mais dont les installations sanitaires sont trop petites pour accueillir un fauteuil roulant ou n’ayant pas de barres d’appui. J’ai aussi vu des rampes d’accès tellement inclinées qu’une personne en fauteuil roulant non électrique, seule, ne parviendrait pas à la gravir.

Un organisme comme Kéroul aide la clientèle à mobilité réduite à mieux identifier les lieux totalement accessibles et ceux qui le sont partiellement… ou pas du tout. L’avantage : des critères plus poussés que l’intention seule. L’inconvénient : le Québec, c’est grand!

Fournir de l’information précise sur l’accessibilité serait vraiment la bienvenue et ce n’est pas qu’à Kéroul ou aux organismes locaux de le faire.

Il n’y a pas de honte en soi à être partiellement ou pas du tout accessible. Pour différentes raisons, toute infrastructure n’est pas automatiquement « adaptable ». L’indiquer par le pictogramme approprié, soit le fauteuil roulant poussé par une personne, par opposition au fauteuil roulant seul, ou en ajoutant quelques précisions est un minimum. En ce sens, le site web de la ville de Blainville, en ce qui concerne ces parcs et espaces verts, a fait un travail appréciable.

Moins évocateur que l’exemple du restaurant mentionné précédemment, mon deuxième exemple peut s’avérer néanmoins ennuyeux. Il s’agit des salles de cinéma, dont la plupart ont désormais des espaces réservés aux fauteuils roulants. Le hic, c’est que dans certaines salles, les clients à mobilité réduite attrapent des torticolis et ont des hauts le coeur tellement leurs places réservées sont collées sur l’écran, au bas. Pour plusieurs de ces clients, une sortie au cinéma représente une dépense importante et s’ils ne peuvent apprécier, un minimum, l’expérience, peut-on réellement parler d’accessibilité?

Du point de vue d’un organisme qui propose des activités sociales et de loisirs à une clientèle à mobilité réduite, se présenter à une salle avec quatre fauteuils roulants et s’apercevoir qu’il n’en rentre que deux (selon les normes du service des incendies), c’est contrariant. La plupart des sites web de cinémas n’indiquent pas le nombre ni l’emplacement des places réservées et, lorsqu’on téléphone, la personne qui nous informe n’est pas toujours la mieux informée.

Ça peut paraître bénin comme exemple, mais ce ne l’est pas pour la clientèle et ceux qui travaillent avec elle.

Le Québec est de plus en plus accessible, c’est un fait, même s’il reste du travail à faire dans certains secteurs et domaines. Pour d’autres, le temps est venu de voir au-delà de l’accessibilité dans son concept purement matériel pour permettre une véritable autonomie des personnes à mobilité réduite et réduire au minimum les mauvaises surprises.

Une forme de judiciarisation?

Je me pose une question, ces temps-ci, au travail.

Nous avons un membre qui a un problème avec l’État concernant l’aide financière de dernier recours (assistance sociale) dont il est bénéficiaire. À titre d’information, notre organisme a comme membre presque exclusivement des personnes ayant des contraires sévères à l’emploi permanentes (invalidité) et ce membre en fait partie.

Je ne me rappelle plus exactement ce dont il souffre. C’est écrit dans mes dossiers sous clé au bureau. Je peux toutefois affirmer qu’il s’agit d’un état incapacité depuis l’âge mineur et que cet état altère ses facultés mentales.

Cette personne est locataire d’un logement à loyer modéré, mais passe beaucoup de temps, y compris des nuitées, chez une autre personne. Par un moyen inconnu, Emploi Québec a été informé que cette personne ne résidait pas chez lui, ce qui n’est ni vrai, ni faux. Emploi Québec a donc pris une décision, ce qui constitue toujours une sorte de condamnation juridique pour cette agence, et réclame un montant important à notre membre. Montant qu’il ne peut évidemment pas rembourser.

Dans la plupart des cas, je trouverais le jugement d’Emploi Québec normal. Une personne qui bénéficie d’une aide financière de dernier recours est tenue de lui fournir des renseignements véridiques et à jour. Dans une optique de réinsertion du marché du travail, il est naturel qu’un bénéficiaire voie son aide ajustée en conséquence, voire retirée. En outre, si cette personne omet de mentionner son état de cohabitation, Emploi Québec serait dans son bon droit d’affirmer qu’il y a eu une fraude.

Cependant, notre membre n’est pas dans la plupart des cas. Il ne travaillera jamais, un état reconnu. Il est assez autonome pour ne pas être dans un CHSLD ou une ressource quelconque. Il n’y serait pas à sa place de toute façon. Il n’est toutefois pas assez autonome pour comprendre et assimiler tous les tenants et aboutissants des règles imposées par l’État.

Même si c’était le cas, il fait partie de ces nombreuses personnes que leur condition met en marge de la société. Or, le mandat premier de notre organisme est de ramener ces personnes à l’intérieur de la société. On considère donc que, lorsqu’une personne telle que notre membre parvient à se faire un petit cercle social, il ne faut surtout pas aller la pénaliser. Plus encore, il ne faut pas conclure qu’elle peut, délibérément et en toute connaissance de causes, produire de fausses déclarations.

Si elle le fait, c’est clairement en raison d’un sentiment de peur, et certainement pas avec le dessein de « mal faire », de frauder!

Ces gens n’ont rien dans la vie et ce que l’État leur fournit est bien maigre pour survivre de nos jours. Ils y parviennent néanmoins et tant mieux s’ils peuvent alléger un peu leur fardeau en nouant des liens avec d’autres personnes. D’autant plus que, dans le cas qui nous concerne, les personnes avec qui il a tissé des liens ne sont pas dans une posture financière plus confortable que la sienne!

Je me demande donc s’il ne s’agirait pas, au mieux, d’un manque de discernement, au pire, d’une forme de judiciarisation visant à aller récupérer des deniers publics là où il semble le plus facile d’aller en chercher : auprès des personnes vulnérables.

Trois semaines importantes

À l’intérieur d’une période équivalant à la durée d’un mois, trois semaines thématiques importantes au niveau des causes sociales auront lieu.

D’abord, du 7 au 13 mai se tiendra la Semaine nationale de la santé mentale, une initiative de l’Association canadienne pour la santé mentale. La santé mentale, c’est un sujet très vaste qui comprend, entre autres, des états aussi éloignés l’un de l’autre que la schizophrénie et l’anxiété, mais qui peuvent pourtant être concomitants! Il est donc important de continuer à démystifier la santé mentale, particulièrement à une époque où les médias d’actualité utilisent la maladie mentale, notamment la dépression, à toutes les sauces, sans toujours offrir l’approfondissement et la justesse qui devraient accompagner le traitement d’un tel sujet.

Pour information : site de l’ACSM.

Aussitôt, la Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral (TCC) suivra, du 13 au 19 mai. Cette semaine sera l’occasion tout indiquée de visionner le dernier film de Paul Arcand, Dérapages, qui abordent la vitesse et la conduite dangereuse chez les jeunes conducteurs. Chez les adultes, 45 % des traumatismes craniocérébraux sont causés par un accident de la route, ce qui inclut aussi les victimes collatérales, comme un piéton happé. Chez les enfants, les accidents de la route sont la troisième cause à 24 %, les chutes étant la première, avec 35 %. Donnée importante, toujours chez les enfants, les accidents de sports et de loisirs sont la deuxième cause de TCC, avec 29 %.

Dans les sports, le TCC est souvent appelé « commotion cérébrale », qui est vu comme un synonyme de TCC léger, mais qui inclut trop souvent de réels TCC sévères. Notons aussi que plusieurs commotions cumulatives peuvent mener à un TCC sévère. C’est d’ailleurs pourquoi les pugilistes professionnels observent de longs intervalles entre les combats.

À l’instar de la santé mentale, le traumatisme craniocérébral reste largement à démystifier. Les séquelles peuvent être très diverses et ayant des intensités différentes selon les régions du cerveau touchées. Les problèmes fréquemment rencontrés inclus notamment la perte d’inhibition, la fatigue récurrente, des problèmes de mémoire et l’amplification de divers problèmes antérieurs au traumatisme. Enfin, quand on parle de TCC sévère, qui inclut dorénavant le TCC modéré, cela signifie un état irréversible, même si des améliorations peuvent survenir.

Pour information : site du RAPTCCQ.

Enfin, tous les ans se déroule la Semaine québécoise des personnes handicapées, initiée par l’Office des personnes handicapées, l’OPHQ, du 1er au 7 juin. Le grand public s’y connaît un peu mieux en matière de handicap et il est de moins en moins socialement acceptable de discriminer une personne en raison de son handicap ou de refuser d’adapter un lieu public. Néanmoins, il reste du chemin à parcourir, notamment parce que, comme la santé mentale et le traumatisme craniocérébral, la notion de « personne handicapée » se veut très large et, trop souvent, on mêle les choses entre le handicap physique et le handicap intellectuel (déficience intellectuelle).

La paralysie cérébrale est un bel exemple. Le terme lui-même ne désigne pas les conséquences, mais la cause du ou des handicaps de la personne : des atteintes (souvent des hémorragies) non progressives durant la formation du cerveau du foetus. C’est donc une maladie congénitale, mais dont les symptômes (les paralysies) peuvent se manifester à tout moment avant la fin du développement. Selon les régions atteintes, la personne handicapée pour avoir, par exemple, des troubles d’élocutions et de motricité qui pourraient faire penser à une déficience intellectuelle sans que ce soit le cas.

Pour information : site de l’OPHQ.

P.S.: Ce blogue est un espace virtuel personnel et n’a pas valeur de source d’informations officielle ni mandatée concernant ces semaines, leurs organisateurs ou les organismes et personnes participants.