Étudiant au baccalauréat en travail social, je partage sur ce blogue mes réflexions les enjeux sociaux, mais aussi mon ancien domaine d'étude, l'histoire, ainsi que sur la politique, l'actualité, le plein air, la formule un et tout autre sujet sur lequel mon regard peut s'arrêter, dont des anectodes plus personnelles.
plus...
Install Theme

Mathématique pour les nuls

Les problèmes des clients avec Bell Mobilité, ou l’une de ces divisions, comme c’est mon cas, ne sont pas des cas isolés, loin de là.

D’abord, il me faut admettre que j’avais un compte en souffrance et que, dans un premier temps, c’est moi qui n’ai pas respecté l’échéance de paiement inscrit sur ma dernière facture. On parle ici d’un montant dérisoire, mais comme il s’agit d’une rupture de contrat, j’imagine que Bell Mobilité voulait ne pas laisser traîner les choses, ce que je peux comprendre.

Ce que je ne peux comprendre, c’est comment une compagnie calculer que sept jours, ça donne quarante-huit heures.

Le 20 septembre 2012, Bell Mobilité produit un avis d’annulation me concernant dans lequel il est écrit que si mon compte demeure en souffrance « pendant encore sept (7) jours suivants la réception de cet avis, [mon] compte sera confié à une agence de recouvrement externe. » Dans le plus optimiste des scénarios, pour ne pas dire le plus utopiste, je ne pouvais recevoir cet avis que le 24 septembre, puisque le 20 était un jeudi.

Or, ce n’est que le 2 octobre que je reçois ledit avis. Je ne me pose pas de questions. Huit jours ouvrables, ce n’est pas un délai étrange pour recevoir une lettre d’une compagnie comme Bell Mobilité. J’ai tenu pour acquis que Bell Mobilité avait tenu compte de ce délai dans son calcul des sept jours de grâce qu’elle me donnait.

Grossière erreur! Je me suis fait prendre comme un novice!

En effet, le 4 octobre, je reçois une lettre d’une agence de recouvrement. Mon compte est désormais entre leurs mains. J’appelle Bell Mobilité pour me faire dire que l’avis a été envoyé le 20 septembre 2012 (je joue le jeu) et que, si je l’ai reçu le 2 octobre, c’est que le problème vient de chez Postes Canada (je joue encore le jeu).

Toutefois, je cesse de jouer le jeu lorsque l’agent m’informe que mon dossier a été envoyé à l’agence de recouvrement le 26 septembre. Si cela correspond à six jours suivant la production de l’avis, cela ne peut, en aucun cas par la poste, correspondre à sept jours suivant la réception de l’avis. Pas besoin d’être Einstein pour comprendre que cela ne fait que deux jours suivant la réception théorique et optimiste de l’avis.

Quand bien même Postes Canada aurait merdé, ce que je ne suis pas prêt à admettre, nous avons cinq jours qui se sont évaporés dans la nature.

Le plus frustrant n’est pas que Bell Mobilité envoie mon compte à une agence de recouvrement. Je n’ai pas respecté l’échéance de paiement. Ce qui est frustrant, c’est que j’eusse apparemment obtenu une nouvelle échéance que Bell Mobilité lui-même n’a pas été en mesure de respecter. C’est de donner une illusion aux gens alors qu’on semble avoir l’intention de leur faire péter ça en pleine face.

Mais bon, Bell et respect de la clientèle sont des antonymes, alors imaginons un peu ce qu’il en est pour les anciens clients!

Je suis supposé réagir comment?

C’est probablement le billet le plus intime que je n’ai jamais écrit et son titre est plus rhétorique qu’autre chose, mais pas totalement. C’est difficile à expliquer, mais vous comprendre vite.

J’ai appris cette fin de semaine que mon père biologique, que je n’ai pas vu ni entendu parlé depuis 27 ans, est décédé en 2010 dans la plus totale indifférence. Dans sa notice, aucun membre de sa famille n’est cité et tout porte à croire qu’on a déposé ses cendres au columbarium dans l’espoir que quelqu’un vienne les réclamer, ce qui ne s’est probablement pas produit.

Je n’ai pas vraiment de deuil à faire. Tout ce que je connaissais de lui, c’est qu’il était violent avec ma mère, irresponsable, fainéant, arnaqueur et peureux.

Mon vrai père, c’est l’homme que ma mère a épousé en 2002 et qui fut capable de remplir le vide que l’absence d’un père biologique « fonctionnel » avait laissé dans ma vie. C’est lui qui a été là dans les moments les plus difficiles de ma vie, pour me comprendre, d’abord, puis pour m’aider au meilleur de ses capacités, sans jamais me juger, sans jamais ne rien demander en retour. C’est lui, mon père!

Néanmoins, d’apprendre la mort de mon géniteur ne me laisse pas totalement indifférent. C’est étrange comme sensation. Je ne suis absolument pas triste, mais je ne me réjouis pas non plus, même si je sais que plus personne ne souffrira à cause de lui.

La première réaction fut un petit choc. La deuxième fut de me demander si je devrais faire venir un certificat de décès, car Emploi Québec m’a déjà fait chier avec ça. Imaginez-vous qu’il voulait que j’obtienne les informations financières de mon géniteur!

Et là, je ne saurais trop comment décrire mes sentiments. C’est vraiment étrange.

La vie a un humour étrange!

Je suis toujours vivant! Plus que jamais, même.

C’est assez fou ce qui arrive dans ma vie en ce moment. Fou, dans le bon sens du terme. Dire qu’il y a un peu plus d’un an, c’était le flou total concernant mon avenir. Mes études en histoire stagnaient, malgré l’intérêt. Mon père n’avait pas d’emploi et je ne prévoyais pas en avoir un non plus pour l’été qui allait venir. Mon frère était malade et on ne savait trop à quoi s’attendre. Je me sentais condamné par mon « état dépressif », expression nébuleuse employée par mon médecin pour expliquer ma fatigue chronique et ma difficulté de concentration, même si l’humeur y était, malgré tout.

Qui plus est, la trentaine approchait et je la sentais venir comme un bélier (la machine de guerre et non le mâle de la brebis). C’est qu’à la mi-vingtaine, je me disais que si j’arrivais à trente ans sans au moins avoir décroché mon baccalauréat en histoire, c’est que ça allait mai. Alors rendu à vingt-huit ans…

Malgré un été 2011 qui s’est finalement avéré plutôt bien, la session d’automne suivante a été difficile, au point que j’ai envisagé un changement d’institution en décembre (billet de janvier). Heureusement qu’il y a eu le travail. De continuer à travailler pour l’organisme communautaire qui m’avait engagé l’été précédent me permit non seulement de garder le moral, mais fut déterminant. C’est grâce à cet emploi que j’ai commencé à méditer sérieusement sur mon orientation professionnelle et que j’en suis venu à prendre l’importante décision de quitter l’histoire pour le travail social.

Un tournant était franchi, mais je continuais d’être inquiet. Mon contrat actuel est d’une durée déterminée et j’appréhendais de me retrouver sans emploi en septembre, alors ce que n’est qu’en septembre 2013 que je pourrai commencer mes études en travail social. D’ailleurs, je n’avais pas été retenu par un autre organisme communautaire pour un contrat de conseiller.

Malgré un second été agréable, l’automne et l’hiver s’annonçaient difficiles.

Et puis, en juin, alors que je n’ai plus vraiment d’attentes, les astres s’alignent. L’organisme communautaire qui m’avait refusé me rappelle parce que celui qu’ils ont préféré à moi ne fait finalement pas l’affaire. Le projet est très motivant, alors j’accepte. Quelques jours plus tard, la mère d’une personne non voyante me confirme que je serai son accompagnateur à partir de septembre. Cette personne fut victime d’un traumatisme crânien, je le connais donc déjà.

Finalement, non seulement j’aurai deux bons emplois en septembre, en plus de continuer à donner un peu de temps à mon organisme pour les traumatisés crâniens (l’automne, c’est leur « basse saison »), mais ce sont deux emplois qui me permettront d’élargir mes horizons dans le domaine de l’intervention sociale, de confirmer (ou non) mon intérêt pour ce domaine et d’étoffer mon dossier pour ma demande d’admission en mai prochain.

La vie a vraiment un humour étrange. Elle semble se moquer de toi. Elle t’envoie comme message que tu ne réussiras pas malgré tes efforts et tes espoirs, puis quand tu l’acceptes et n’attends plus rien d’elle, elle te fournit les outils dont tu as besoin et te pave la voie pour un avenir meilleur!

Pas de honte à avoir

J’aime la Formule 1 et je n’ai pas à en avoir honte. Je considère avoir assez de discernement pour savoir qu’il y a des aspects négatifs : misogynie (très répandue, mais pas monolithique), pollution, économie, valeurs sociales malléables, etc. J’ai aussi assez de discernement pour critiquer ces aspects et, surtout, le patron de la F1, Bernie Ecclestone, sans tout balayer du revers de la main.

J’aime ce divertissement, point à la ligne.

Assez pour espérer que la place des femmes soit plus importante et moins sexualisée, pour autant qu’elles le veuillent! Assez pour vouloir que la F1 pousse plus loin les efforts pour réduire sa trace écologique, en limitant à Singapour le nombre de courses nocturnes et en évitant d’ajouter de nouveaux grands prix ou de remplacer les anciens par d’autres circuits trop éloignés les uns des autres. Assez pour souhaiter que la F1 soit socialement plus responsable ou, du moins, plus cohérente, notamment en se débarrassant de Bernie Ecclestone, surnommé « le petit Napoléon » par ses détracteurs amateurs de F1.

Ses détracteurs amateurs de F1!

Il y a des points regrettables que j’espère que le monde de la F1 se nettoiera, ce qui n’empêche pas que j’aime ce sport.

J’aime la conception des voitures. J’aime comment elles filent à toute vitesse sur des circuits fermés, aux mains de pilotes expérimentés et extrêmement vifs. J’aime le suspense qui s’améliore d’année en année. Seulement cette année, il y a eu six vainqueurs différents en autant de course! J’aime l’architecture des circuits et les décors dans lesquels ils se trouvent, en espérant que les plus récents respectent les impératifs écologiques. J’aime voir à l’oeuvre l’incroyable travail d’équipe qu’exige la F1, notamment lors des arrêts aux puits.

La F1 est un divertissement. Un divertissement sûrement plus contestable que d’autres, mais aussi moins contestable que d’autres. C’est un divertissement et, à la base, un divertissement ne répond à aucune logique. On aime ou on n’aime pas. La logique arrive après, lorsqu’on veut améliorer l’adhésion de ceux qui aiment, qu’on veut réduire la grogne de ceux qui n’aiment pas ou simplement se lier à une communauté et lorsque les inévitables questions économiques entrent en jeu.

On a le droit de ne pas aimer la F1 pour les raisons qu’on veut et on a absolument le droit de le dire. De mon côté, j’accepte assez bien les propos détracteurs envers la F1. 2012 n’est pas la première édition du GP où amateurs et détracteurs se côtoient, mais 2012 est l’année de la démesure, de la haine et de la crise. Quand on traite les étudiants d’anarchistes et les amateurs de F1 de fascistes…

J’aime la Formule Un, j’aime le Grand prix du Canada et je n’ai pas en à en être ni fier, ni honteux. Je ne suis (être) pas la F1, je ne suis pas Bernie Ecclestone, tout comme, lorsque j’arborais le carré rouge, je n’étais pas la violence, je n’étais pas le vandalisme, je n’étais pas le « terrorisme »!

Point de saturation

Je ne pensais jamais dire ça, mais je suis las d’entendre parler ou de lire à propos de la grève étudiante. J’ai atteint mon point de saturation. J’ai l’impression de ne plus rien avoir à dire et ne plus rien avoir à lire ou entendre. Le dernier moment où j’ai entendu de choses rafraîchissantes, c’était à la sortie des dernières négociations entre les leaders étudiants et le gouvernement.

Comme ces négociations ont achoppé, j’ai l’impression qu’on revient aux mêmes plaidoyers.

Le plus désagréable, pour moi, n’est pas tant ça que l’amalgame qui se dessine. Je partageais, et partage sûrement encore, avec les carrés rouges une opposition à la hausse des frais de scolarité telle qu’annoncée par le ministre des Finances Raymon Bachand. Toutefois, comme la terre tourne encore et que le conflit s’étire, d’autres idéologies et d’autres revendications se greffent au symbole du carré rouge. Des idéologies et des revendications que je ne partage pas nécessairement, ce qui rend de plus en plus inconfortable ma situation, notamment sur les réseaux sociaux.

Je n’ai pas la fibre anticapitaliste que certains carrés rouges semblent avoir. Les perturbations économiques, certes, mais pas sous n’importe quel prétexte et à n’importe quel coût. Je n’ai pas non plus la fibre révolutionnaire, alors si je souhaite ardemment que les libéraux prennent la porte, je ne veux pas faire tomber le système. Je n’ai pas la fibre anarchiste, alors critiquer la police et les lois, ça va, mais j’ai mes limites.

Je respecte toujours ceux qui donnent leurs opinions, mais il m’est de plus en plus difficile de me sentir respecté. Je lis ou entends des choses plus ou moins glorieuses (pour rester poli) et, souvent, je reste silencieux. Ce reste donc des atteintes par la bande, si je peux m’exprimer ainsi. C’est néanmoins de plus en plus difficile à supporter, alors quand, dans de rares occasions, je suis directement visé, j’ai la mèche extrêmement courte!

Je compte donc rester discret ces prochaines semaines sur Twitter, le temps que le grand prix du Canada passe, car il est clair que les discussions vont se cristalliser autour de cet événement. Comme je suis un grand amateur de formule un, et même si j’ai toujours respecté ceux qui s’y opposaient, le contexte est tel cette année que je n’aurai presque que des propos incendiaires à me mettre sous la dent, dans une mesure trop grande pour ce que je peux tolérer, et auxquels je ne peux pas répondre sans risquer de me faire rentrer dedans solide.

Je préfère donc m’abstenir. Par la suite, je verrai ce qu’il en est.