Je suis étudiant en histoire qui partage sur ce blogue ses réflexions sur cette discipline, mais aussi sur la politique, l'actualité, les enjeux sociaux, le plein air, la formule un et tout autre sujet sur lequel son regard peut s'arrêter, dont des anectodes plus personnelles.
Le conflit qui oppose beaucoup d’étudiants au gouvernement Charest n’est pas seulement une question de hausse des frais de scolarité, mais plusieurs semblent se complaire dans cette simplicité. En réalité, elle concerne le manque total de mesures adéquates accompagnant cette hausse et qui la rend donc inacceptable aux yeux de plusieurs étudiants, mais aussi des parents et des professeurs.
Le récent faux-semblant des ministres Bachand et Beauchamp (B & B) n’est pas vraiment une mesure pour l’accessibilité aux études. Elle permet, au mieux, de sauver une poignée de jeunes de la classe moyenne de l’inaccessibilité en reportant après les études leur étranglement. Pour les moins riches, ceux qui peinent déjà à boucler leurs finances scolaires avec les actuels prêts et bourses, la situation ne vas que se détériorer à partir de septembre. D’ailleurs, on revoit la contribution des parents, mais pas les pénalités imposées aux étudiants qui travaillent.
Quant à la gestion des universités, qui est le noeud du problème pour plusieurs étudiants et professeurs, c’est le silence absolu de la part de B & B. On doute déjà que les frais déboursés soient réellement transformés en services aux étudiants et rien ne démontre que l’argent supplémentaire le sera. Certains parlent d’investissement dans l’avenir, alors que pour l’instant, c’est davantage une dépense à perte. Parmi les étudiants universitaires du Québec, ceux de l’UQAM ont particulièrement de quoi craindre pour leur argent.
Enfin, dans le même ordre d’idées que l’accessibilité, l’endettement étudiant est une question qui reste à élucider. Le concept du remboursement proportionnel au revenu est intéressant, mais soulève des questions. Celui qui a de maigres revenus paiera peut-être un montant mensuel plus confortable, mais pendant combien de temps? Quel impact cet étalement du remboursement aura-t-il sur les taux après la période d’exemption partielle? Est-ce que, après 10 ans à rembourser sa dette, l’étudiant moins nanti se retrouvera avec un solde qui, finalement, sera le même qu’au lendemain de la diplomation?
Tous les étudiants n’attendent pas un gel des frais de scolarités pour modifier le mandat qu’ils ont confié à leurs leaders étudiants. Plusieurs veulent retourner en classe le plus rapidement possible, car au-delà du péril qui guette la session d’hiver, c’est le début de la session d’été qui est péril. Une ouverture de la part du ministre Beauchamp en inciterait plus d’un à retirer son appui au prolongement de la grève, mais maintenant fermement 75 % de hausse sur cinq ans sans rien garantir et traiter les étudiants en citoyens de seconde zone ne peut pas être considéré comme une ouverture.
Les étudiants peuvent forcer les leaders étudiants à aller à la table des négociations mêmes si ces derniers n’obtiennent pas exactement ce qu’ils affirment vouloir. En revanche, la seule façon pour les étudiants de pousser la ministre à se présenter à cette table et à réellement négocier, c’est de donner des mandats de grève aux leaders étudiants!
Richard Martineau a fait un passage remarqué sur le plateau de Tout le monde en parle dimanche soir. Je ne vais pas revenir sur l’entrevue complète. Sur Le Globe, Renart Léveillé donne un bon aperçu des réactions que ce passage a suscitées sur les réseaux sociaux. Pour ma part, je vais m’en tenir à la polarisation de l’actuel débat sur les frais de scolarité que le chroniqueur a déploré, portant même un carré jaune, qu’il compare maladroitement à la couleur des feux de circulation, pour démontrer que tout n’est pas rouge ou vert.
L’erreur de Martineau n’est pas de déplorer la polarisation du débat, car il l’est effectivement devenu. L’erreur est de croire que cette polarisation est un choix de premier ordre et qu’il représente bien le sentiment estudiantin. L’erreur est aussi de démontrer sa méconnaissance de la situation en arrivant avec un concept nuancé qui était déjà dans l’esprit de biens des étudiants… il y a deux ou trois ans, quand le dialogue était encore possible.
En 2012, je pense que bien des étudiants qui pourraient se sentir interpellés par le jaune se retrouvent désormais dans l’un des deux camps « polarisés », probablement parce qu’elles se sont senties acculées au pied du mur. Dans les rangs des rouges, tous ne sont pas favorables à la gratuité scolaire, ou du moins, doutent-ils de son application immédiate, et certains pensent même qu’une hausse des frais est inévitable. Chez les verts, il y en a qui savent que tous ne peuvent pas amortir les frais de scolarité de la même manière et qu’il faut en tenir compte pour assurer l’accessibilité aux études supérieures.
Tant chez les verts que chez les rouges, il y en a pour qui ni la hausse tel que prévu actuellement par la ministre Beauchamp, ni la contrepartie encouragée par les leaders étudiants n’est une avenue souhaitable. Cependant, devant ce qui semble être un dialogue de sourds, en donnant au mot « dialogue » un sens très large, certains étudiants n’ont pas eu le choix que de se retrancher dans un camp, selon ce qu’ils considéraient être le meilleur angle à adopter conséquemment aux circonstances.
Tous ne sont pas de mauvaise foi dans ce différend autour des frais de scolarité et pour quelques-uns – je ne saurais, bien honnêtement, avancer de chiffres – Richard Martineau arrive trop tard avec ces belles idées de nuance et de compromis. À l’heure actuelle, se regrouper sous une bannière telle que le carré jaune (ou bleu, comme d’autres l’ont suggéré, mais qui n’est pas pareil que le jaune) signifie un risque trop élevé de laisser l’un des pôles tout remporter, ne laissant rien à l’autre.
Sans compter que la tentative de Richard Martineau avait une forte odeur de rattrapage pour calmer, non pas les étudiants en colère, mais les autres qui seraient susceptibles de pencher de leur côté suite à son dérapage.
Parfois, en observant comment certains, pronom indéfini qui n’établit ni la majorité ni la minorité, électeurs se comportent les uns envers les autres, je me dis qu’il ne faut pas chercher uniquement du côté des politiciens la source du cynisme et du désintéressement de beaucoup de gens envers la politique.
Il y a les souverainistes. Il y a les fédéralistes. Il y a aussi cette frange de la population, probablement existante depuis le tout premier référendum, mais qui semble plus active depuis l’avènement d’un certain parti autonomiste en 2006 — ce n’est peut-être qu’une coïncidence, je le reconnais — les Aut’choses.
Les Aut’choses regroupent des fédéralistes de toutes dates, des souverainistes (sic) opportunistes, des suiveux (ceux qui ont basé leur choix, en 1995, sur ce qu’ils croyaient l’emporterait), des gens sincères peut-être mal informés et des désabusés de la politique, dont plusieurs semblent être nés désabusés, même en ne s’étant jamais donné la peine de s’intéresser à la politique.
Les Aut’choses viennent donc d’horizons divers et ne forment pas un regroupement politique officiel, mais ils ont plusieurs points en commun. D’abord, ils croient tous que le Québec est « passé à autre chose », et ses variantes (ex. : les Québécois « s’en foutent » ou « sont tannés d’en entendre parlé »), en matière d’indépendance nationale. Ensuite, ils ont des leaders intellectuels, avoués (R. Martineau) ou inavoués (F. Legault). Enfin, ils sont généralement très mauvais en mathématique.
Combien de fois, dans sa chronique et sur son blogue (sic), Richard Martineau a-t-il affirmé, cavalièrement, que plus personne au Québec n’en avait cure de la souveraineté? D’autres lancent des pourcentages imaginaires qui prétendent sensiblement la même chose, surtout lorsque ce pourcentage se rapproche trop du 100 %. Quelle que soit la façon dont les Aut’choses présentent cet argument fallacieux, il dénote une lacune en mathématique, car selon le tout dernier sondage CROP-Le Soleil-La Presse, 39 % des Québécois interrogés « voteraient Oui » à une question référendaire sur la souveraineté. On a quand même affaire à des quotidiens fédéralistes, mais surtout antisouverainistes, qui ont retourné ces chiffres à leur avantage!
Que ce résultat soit « une mauvaise nouvelle pour les souverainistes » ou une bonne, une chose m’apparaît certaine : la preuve est faite, par 100-39, que ce ne sont pas tous les Québécois qui se foutent de la souveraineté, ni même 95 %. Qui plus est, il n’est pas illusoire de penser que, parmi les 61 % de gens qui voteraient non au moment du sondage, certains s’intéressent encore à la question souverainiste, sans toutefois être disposés à voter oui dans le contexte actuel. N’est-ce pas d’ailleurs le pitch de vente de plusieurs caquistes, dont le chef? Peut-être suis-je naïf, mais il doit y en avoir qui sont sincères dans le lot. Sauf le chef. Là, je ne crois pas!
Plutôt que de faire la liste des cinq comportements que je n’aime pas sur Twitter, je choisis de faire la liste des cinq comportements que j’aime. C’est plus positif, même si quatre « trente sous » font « une piastre ».
1. La politesse
Ça peut paraître anodin pour la plupart, mais il semble qu’il existe des gens pour qui cette notion n’est pas si simple. Pour ma part, j’aime bien quand on est courtois avec moi, puisque je me considère moi-même comme plutôt courtois avec les autres. J’aime le respect entre les individus. Allez savoir pourquoi! J’apprécie le discernement quand vient le temps de manifester son désaccord avec un autre utilisateur. Il est sain de partager ses différences, mais il est encore plus sain de le faire avec honneur.
2. Remercier pour une mention
J’apprécie quand un utilisateur prend le temps de me remercier de l’avoir mentionné, dans les cas de « retweet » ou de « friendly friday ». Je considère cela comme adéquat, étant donné que j’ai moi-même pris le temps de faire suivre le gazouillis d’origine, et parfois, d’y avoir ajouté un commentaire. Quand il s’agit d’un lien, c’est que j’ai pris le temps de le consulter. Même si les meilleurs guides sur les us de Twitter insistent sur l’importance du « RT », personne n’est obligé d’en faire.
3. Soigner son écriture
Soigner son langage entrerait dans le premier point. Soigner son écriture mérite son propre point. J’aime lorsqu’on se rappelle que Twitter est un média écrit, bien qu’il dispose d’une instantanéité se rapprochant de l’oral. J’aime bien qu’on n’oublie pas qu’un gazouillis n’est pas seulement écrit, mais qu’il est lu et qu’il est important de penser aux personnes qui le liront. Un langage écrit minimalement soigné est généralement compris par plus de personnes qu’un langage écrit d’une manière qui serait faussement considérée comme « populaire ». J’aime lorsqu’on manifeste un respect pour la langue dans laquelle on écrit et l’on est lu.
4. Les gazouillis diversifiés
Avant de m’abonner à un compte Twitter, je regarde naturellement les gazouillis de son propriétaire. J’aime bien qu’un utilisateur ne se serve pas de Twitter que dans un but unique. J’aime lorsque sont bien répartis les gazouillis originaux, les réponses à d’autres utilisateurs, les liens externes menant vers un site personnel ou un site d’entreprise lorsqu’il est mis à jour, des liens vers des sites tiers, etc. Bien sûr, il y a généralement un type qui apparaît plus souvent que les autres et c’est normal.
5. L’utilisation parcimonieuse des mots-clic
Il y a deux semaines, mon compatriote Renart Léveillé déplorait le fait que certains utilisateurs employaient le mot-clic #tlmep dans leur gazouillis par lesquels ils affirmaient justement ne pas écouter Tout le monde en parle. J’aime quand les gens ne font pas ça! J’aime quand les gens limitent l’utilisation de mots-clic à ceux qui sont réellement pertinents à leur gazouillis, mais aussi ceux à qui leur gazouillis est vraiment pertinent. J’aime ceux qui respectent la signification ou le rôle que la communauté Twitter a donné à un mot-clic. Enfin, j’aime quand un utilisateur met la pédale douce sur les mots-clic internes (ex. : J’ai #mangé une #bonnepoutine à #MTL).