Étudiant au baccalauréat en travail social, je partage sur ce blogue mes réflexions les enjeux sociaux, mais aussi mon ancien domaine d'étude, l'histoire, ainsi que sur la politique, l'actualité, le plein air, la formule un et tout autre sujet sur lequel mon regard peut s'arrêter, dont des anectodes plus personnelles.
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Pas de honte à avoir

J’aime la Formule 1 et je n’ai pas à en avoir honte. Je considère avoir assez de discernement pour savoir qu’il y a des aspects négatifs : misogynie (très répandue, mais pas monolithique), pollution, économie, valeurs sociales malléables, etc. J’ai aussi assez de discernement pour critiquer ces aspects et, surtout, le patron de la F1, Bernie Ecclestone, sans tout balayer du revers de la main.

J’aime ce divertissement, point à la ligne.

Assez pour espérer que la place des femmes soit plus importante et moins sexualisée, pour autant qu’elles le veuillent! Assez pour vouloir que la F1 pousse plus loin les efforts pour réduire sa trace écologique, en limitant à Singapour le nombre de courses nocturnes et en évitant d’ajouter de nouveaux grands prix ou de remplacer les anciens par d’autres circuits trop éloignés les uns des autres. Assez pour souhaiter que la F1 soit socialement plus responsable ou, du moins, plus cohérente, notamment en se débarrassant de Bernie Ecclestone, surnommé « le petit Napoléon » par ses détracteurs amateurs de F1.

Ses détracteurs amateurs de F1!

Il y a des points regrettables que j’espère que le monde de la F1 se nettoiera, ce qui n’empêche pas que j’aime ce sport.

J’aime la conception des voitures. J’aime comment elles filent à toute vitesse sur des circuits fermés, aux mains de pilotes expérimentés et extrêmement vifs. J’aime le suspense qui s’améliore d’année en année. Seulement cette année, il y a eu six vainqueurs différents en autant de course! J’aime l’architecture des circuits et les décors dans lesquels ils se trouvent, en espérant que les plus récents respectent les impératifs écologiques. J’aime voir à l’oeuvre l’incroyable travail d’équipe qu’exige la F1, notamment lors des arrêts aux puits.

La F1 est un divertissement. Un divertissement sûrement plus contestable que d’autres, mais aussi moins contestable que d’autres. C’est un divertissement et, à la base, un divertissement ne répond à aucune logique. On aime ou on n’aime pas. La logique arrive après, lorsqu’on veut améliorer l’adhésion de ceux qui aiment, qu’on veut réduire la grogne de ceux qui n’aiment pas ou simplement se lier à une communauté et lorsque les inévitables questions économiques entrent en jeu.

On a le droit de ne pas aimer la F1 pour les raisons qu’on veut et on a absolument le droit de le dire. De mon côté, j’accepte assez bien les propos détracteurs envers la F1. 2012 n’est pas la première édition du GP où amateurs et détracteurs se côtoient, mais 2012 est l’année de la démesure, de la haine et de la crise. Quand on traite les étudiants d’anarchistes et les amateurs de F1 de fascistes…

J’aime la Formule Un, j’aime le Grand prix du Canada et je n’ai pas en à en être ni fier, ni honteux. Je ne suis (être) pas la F1, je ne suis pas Bernie Ecclestone, tout comme, lorsque j’arborais le carré rouge, je n’étais pas la violence, je n’étais pas le vandalisme, je n’étais pas le « terrorisme »!

Ce que je souhaite pour 2012

La saison 2011 de formule un s’achève en fin de semaine. Les courses en elles-mêmes furent généralement excitantes, mais la saison le fut moins. Moins que la saison 2010, c’est certain. À l’exception d’une période durant la mi-saison, un seul nom était sur gravé sur la plus haute marche du podium: Sebastian Vettel. Le vrai championnat, ce fut pour le titre de vice-champion qui se joua et se jouera encore à Interlagos dimanche.

L’intersaison va débuter incessamment et chacun va y aller de ses pronostics. Quant à moi, je vais plutôt y aller de ce que je souhaite pour 2012 et ce que je ne souhaite pas.

Je souhaite le retour de Robert Kubica. Bien que je ne n’aie pas à me plaindre des luttes en courses, son style m’a manqué. On a vu, cette saison, quel était le point fort de Renault, parce qu’il lui manquait cruellement.

Je souhaite une meilleure Mercedes pour Nico Rosberg. Ses performences dans l’antichambre de la F1 était meilleure que celles de Sebastian Vettel, et pourtant, celui-ci, sans rien lui enlever de son talent, a maintenant deux titres en poche alors que Rosberg attend encore sa première victoire.

Je souhaite le détachement de Force India. Cette année, soit Renault est la moins performante des voitures à l’avant du plateau, soit elle est la meilleure des voitures au centre du plateau, devant Force India. J’aimerais bien que Force India devienne, en 2012, ce que Renault était en 2010, avec un pointage final entre 140 et 180.

Je souhaite une Red Bull moins stable et moins performante. Cette année, chaque fois qu’on disait qu’un circuit convenait plus à McLaren, c’était la Red Bull qui se démarquait. J’aimerais qu’on puisse vraiment avoir trois, voir quatre écuries se battre de façon constante pour la plus haute marche du podium.

Je ne souhaite pas le retour de Kimi Räikkönen. Il ne semblait heureux ni avec McLaren ni avec Ferrari, deux voitures de haut niveau. Alors chez Williams… De plus, de jeunes talents attendent dans l’antichambre, comme Valtteri Bottas, Daniel Ricciardo, et surtout, le Canadien Robert Vickens.

Je ne souhaite pas l’avènement du GP des États-Unis à Austin ni le retour du GP de Barheïn. Le premier semble de plus en plus voué à l’échec, probablement au détriment des Texans qui le financent par leurs impôts. Le second est dans une zone où la tension est trop vive et où le gouvernement contesté répond par la violence.

Je ne souhaite pas l’abandon du système de réduction de trainée (DRS). Quoiqu’en disent ses détracteurs, on a vu cette saison que des pilotes pouvaient résister au DRS ou reprendre rapidement leur place au virage suivant. On pourrait bien permettre aux poursuivis de se défendre avec le DRS, mais seulement lorsque le poursuivant a déjà l’avantage.

J’aimerais voir Button ou Hamilton remporter un second titre, ou encore voir un Webber en gagner un premier. Quoi qu’il en soit, je veux un championnat où, même rendu à l’avant-dernière course, au moins trois ou quatre pilotes peuvent encore prétendre au titre.

Place à l’autre titre

Après le Grand prix de Singapour, le pilote allemand Sebastian Vettel n’est plus qu’à un point d’un deuxième titre de champion du monde de formule un. C’est donc dans la poche, car il est presque impossible qu’il ne termine aucune des cinq dernières courses de la saison et que Jenson Button les remporte tous.

C’est toujours dommage lorsqu’un championnat est gagné alors qu’il reste autant d’étapes à la saison. Toutefois, Vettel n’a absolument rien volé. Il est extrêmement talentueux et il a travaillé fort durant l’entre-saison pour que sa fougue ne vienne plus entraver ce talent. De son côté, l’équipe technique de Red Bull Racing a tout mis en oeuvre pour lui fournir une voiture qui, non seulement allait lui permettre d’affirmer ce talent, mais aussi de l’amplifier. Lui-même a été parfait tout au long de la saison, même lors des courses qu’il n’a pas gagnées, et sa voiture, d’une redoutable stabilité et une indéfectible fiabilité.

Désormais, place à l’autre titre, et je ne parle pas de celui des constructeurs. Avec Jenson Button, Fernando Alonso et Mark Webber qui se suivent respectivement à l’intérieur d’un écart de seulement trois points, c’est maintenant le titre officieux de vice-champion du monde qui est en jeux. Même Lewis Hamilton, qui connaît probablement sa pire saison en carrière, peut y prétendre avec ses 17 points de retard sur Button. Avec 101 points de retard sur le Britannique, le Brésilien Felipe Massa, qui n’a jamais retrouvé sa performance d’avant son accident en Hongrie en 2009, n’est mathématiquement plus dans le coup.

Depuis sa victoire en Hongrie, Button démontre une impeccable stabilité, lui qui est monté sur le podium à ses quatre dernières courses, incluant la Hongrie, dont une deuxième place à ses deux derniers grands prix. Alonso et Webber le sont un peu moins, s’échangeant à tour de rôle la dernière marche du podium qui reste. Enfin, depuis sa victoire en Allemagne à la fin de juillet, Hamilton n’est plus remonté sur le podium!

Je pense donc que Button est en très bonne posture pour remporter ce titre de vice-champion. Je lui souhaite fortement d’ailleurs puisqu’il est l’un de mes préférés. Mais Alonso est doué pour rebondir en fin de saison et offrir des performances relevées. Hamilton est capable de remontées impressionnante à l’intérieur d’une même course, ce qui pourrait se concrétiser aussi en une remontée dans les points du championnat. Quant à Webber, il a la réputation d’être moins solide face à la pression; sa baisse de régime en fin de saison l’an dernier, alors qu’il menait au championnat, le démontre.

Des courses excitantes…

… mais un championnat des pilotes ennuyant à mort! Le grand prix d’Italie à Monza, qui s’est déroulé dimanche matin, n’échappe pas à ce constat. Comme la plupart des courses de la présente saison, à l’exception d’une léthargie au retour entre Monaco et Budapest, Vettel a conservé – ou rapidement repris – la pôle jusqu’au drapeau à damier. Et comme toutes les courses de la saison, c’est à partir de la deuxième place que les batailles, nombreuses et parfois épiques, ont eu lieu.

La première bataille entre Hamilton et Schumacher avait de quoi faire ravaler les critiques négatives sur l’implantation du DRS cette saison. Après avoir dépassé Hamilton au 4e tour, il a résisté aux incessantes attaques du Britannique jusqu’à ce qu’il entre aux puits au 16e. Entre temps, Button s’était invité dans la bataille et a profité de la confusion pour se glisser devant son coéquipier et l’Allemand.

Alors ceux qui disent qu’il est trop facile pour un pilote de dépasser son adversaire avec le DRS alors que celui-ci ne peut s’en servir pour protéger sa place…

Revoir Schumi aussi combatif était d’ailleurs électrisant, mais ses comportements antisportifs de l’ère Ferrari ont réapparu lors de sa seconde défense contre Hamilton. Entendre Ross Brown, son patron, le remettre diplomatiquement à sa place, c’était beau!

Le circuit de Monza, qui offre chaque année des courses de grande qualité, marque la manche européenne. Une fin composée de l’enchaînement d’épreuves le plus stimulant du championnat, avec le grand prix d’Italie qui succède au mythique grand prix de Belgique.

Prochaine étape : la seconde partie de la manche asiatique, avec les décors éclatants de Singapour et d’Abu Dhabi, l’excentrique tracé de Suzuka (Japon), le surprenant – pour un tracé original d’Hermann Tilke – grand prix de Corée et l’inconnu nouveau Jaypee Group Circuit, en Inde.

Si Vettel l’emporte à Singapour et que ni Alonso ni Button ne terminent en deuxième et troisième position, l’Allemand sera couronné champion. Il y a donc peu de chance que la course au championnat devienne plus intéressante en Asie, mais les courses, elles, seront fort probablement toujours aussi excitantes!

Une course excitante, mais un peu décevante !

Hamilton passe le drapeau à damier au Grand Prix de Chine 2011

À l’image de la saison 2010, la saison 2011 s’annonce sévère envers les détracteurs de l’aspect sportif de la formule un. Les trois premières courses de la saison ont été captivantes, avec des batailles en piste, mais pour la première fois, ces batailles se sont invitées sur la plus haute marche du podium.

En effet, cinq pilotes se sont légitimement partagé la tête du peloton : Jenson Button (McLaren-Mercedes), Nico Rosberg (Mercedes), Felipe Massa (Ferrari), Sebastian Vettel (RBR-Renault) et Lewis Hamilton (McLaren-Mercedes). Rosberg et Massa ont occupé l’avant à la faveur d’arrêts aux puits des autres coureurs, mais, justement, dans la foulée des stratégies d’arrêts aux puits et les batailles à l’avant du peloton, la plus haute marche du podium fut un temps possible pour eux aussi.

Le grand prix de Chine fut excitant principalement en raison de ceux qu’on n’attendait pas. Mark Webber est parti de la 18e position pour terminer sur la troisième marche du podium! Personne ne lui a fait de cadeaux; il a mené une vraie course de dépassements et a opté pour une stratégie des pneumatiques gagnante. C’est, à mon avis, le vrai vainqueur. Bien que ses chances fussent meilleures en raison de sa 3e position sur la grille de départ, un gros point d’interrogation flottait au-dessus de Hamilton, lui qui a connu des problèmes et a bien failli prendre le départ des puits. En course, ce n’est qu’après avoir dépassé Massa au 44e tour que sa candidature à la victoire devenait sérieuse.

Et, encore, fallait-il dépasser Vettel et je ne suis certainement pas le seul à avoir été surpris de la facilité avec laquelle le Britannique a pris le dessus sur l’Allemand au 52e tour.

Personnellement, bien qu’il fut très captivant, notamment en raison des constantes batailles au niveau des dix premières positions, j’ai été un peu déçu. J’ai vraiment cru que Jenson Button allait rallier l’arrivé le premier, mais il semble que sa petite erreur lors de son premier arrêt au puits lui ai non seulement coûté la pole, mais aussi sa combativité. Et s’il y a une chose que j’ai apprise de Button, c’est qu’un rien peut lui enlever sa combativité!

J’ai aussi été déçu pour mon favori, Nico Rosberg. Certes, comparativement aux deux premières courses, le grand prix de Chine est un baume sur le coeur de Rosberg et ses partisans, mais il a terminé en accusant une perte d’une position par rapport au départ et, en milieu de course, il a été un sérieux candidat au podium. Encore une fois, sa seule véritable consolation est par rapport à son coéquipier, Michael Schumacher, qui n’a pu faire mieux qu’une 8e place à l’arrivée.

Prochain rendez-vous: le Grand Prix de Turquie, dans trois semaines. On peut s’attendre à ce que les voitures soient modifiées durant ce long congé. RBR-Renault tentera sûrement de réparer le SREC de Webber. McLaren a encore du travail à faire pour être vraiment compétitif avec RBR-Renault. Renault et Ferrari se partagent pour l’instant le statut de troisième écurie, avec Mercedes qui s’est invité dans leur collimateur cette fin de semaine.

Crédit photographique: David Morecambe F1