Quand la «vraie vie» impose son rythme à la vie virtuelle
Je n’ai pas été électroniquement (ou virtuellement) très actif ces trois dernières semaines. Dans la «vraie vie», toutefois, tout n’a pas été de tout repos.
L’un des moments que j’appréhendais le plus est survenu brusquement le 25 juin dernier. Alors que je partais dans la soirée pour mon camp avec les louveteaux, je fut obligé (moralement et sentimentalement) de faire endormir mon chien, ce fidèle ami que j’avais depuis neuf ans et qui fut souvent ma seule source de réconfort et de motivation durant les instants les plus sombres de ma vie.
Alors que je croyais que ce serait sa dysplasie sévère de la hanche qui finisse un jour par la (c’était une femelle) pousser à se laisser mourir, ce fut plutôt son foie qui cessa de fonctionner. La décision en elle-même ne fut pas difficile, car elle souffrait de plus en plus à cause de sa hanche et qu’à 9 ans, elle faisait honneur à l’espérance de vie des deux races desquelles elle était issue (montagne des Pyrénées et bouvier bernois), mais la conséquence fut douloureuse. Néanmoins, je suis resté avec elle et l’ai enlacé jusqu’à son dernier souffle.
Malgré mon deuil, je suis quand-même allé à mon camp. Un engagement demeure un engagement et je me disais que ça me changerait les idées. Ce fut en partie le cas. Le jour, les jeunes et les autres adultes occupaient mes pensées. Ce fut généralement un beau camp, quoique l’hyperactivité des jeunes eut raison, vers la fin, de l’énergie dont je disposais. Quant aux nuits, elles furent plus difficiles, car alors mon esprit était libre et je pensais inévitablement à l’amie que je venais de perdre. Le plus important et positif, ce fut que les autres adultes respectèrent ma situation et mon besoin d’isolement occasionnel.
Enfin, la semaine dernière, j’ai travaillé durant les cinq jours de la canicule, tout en gérant l’impatience mal placée de nos jeunes scouts face à la situation dans laquelle se trouvait le poste. Tandis que mon co-animateur et mon nous «fendions le cul» à trouver une animatrice pour nous accompagner, les jeunes, qui n’avaient pas fourni le moindre effort en ce sens, nous manifestaient leur «impression de tourner en rond» et l’un d’eux nous servit même une sorte d’ultimatum! Nous avons trouvé ça plutôt ingrat, sans compter que les jeunes se déchargeaient ainsi de leurs responsabilités de pionniers, et ils vont le savoir dès la prochaine réunion.
Le positif: j’ai pu acheter ma tente et nous avons bel et bien trouver une femme pour nous accompagner en canot-camping dans quelques semaines. Elle vient de France et, à son arrivée au Québec, elle s’était rendue directement au siège social de l’association pour se proposer pour faire du scoutisme au Québec. Soudainement, les morceaux du casse-tête semblent se coordonner tout seul, ce qui permet de souffler un peu.