Du nouveau concernant mon frère
Le temps est venu de donner quelques nouvelles de mon frère.
Il est rentré à la maison la semaine suivant mon dernier billet à son sujet. L’opération n’a donné suite à aucune conséquence fâcheuse. Bien au contraire, il semble plus ravi que jamais de ne plus avoir à avaler. Il se contente donc de quelques bouchées de dessert par jour, sans plus, puisant donc la quasi-totalité de ses ressources dans les trois injections quotidiennes qu’il reçoit. Il s’agit d’un mélange semblable à du Ensure, administré avec une seringue qui ressemble drôlement à celle qu’on utilise en cuisine!
L’un des indices les plus probants de la réussite, tant médicale que morale, de la chirurgie est son retour à la mobilité. Depuis 2005, il ne s’était plus déplacé lui-même avec son fauteuil roulant, la famille d’accueil préférant le verrouiller. On pensait donc qu’il avait perdu cette faculté et qu’il faudrait la lui réapprendre. Eh bien non! Comme le vélo, ça ne se perd pas, il faut croire. Comme il est maintenant avec une base roulante, plus lourde que le fauteuil roulant, qu’il soit de nouveau capable de se déplacer signifie qu’il reprend des forces.
Côté comportement, il est généralement de bonne humeur. Depuis son retour au centre d’hébergement, il avait pris la mauvaise habitude de frapper, sans malice, ce qui était à la portée de sa main valide. Puisqu’il vit entouré de personnes âgées, cela pouvait être problématique. Heureusement, il paraît que ce comportement tend à diminuer. Il se contenterait désormais de taper sur la tablette de sa base roulante, laquelle est rembourrée.
Lundi, il a un rendez-vous avec le dentiste. C’est un cabinet qui accepte de prendre des patients tel que mon frère à titre pro bono, à condition qu’il ne manque jamais un rendez-vous, à moins d’en avertir d’abord la réceptionniste et d’avoir une bonne raison. Il fera un long voyage en transport adapté, ce qui ne sera pas pour lui déplaire. À son retour, une surprise l’attendra. En effet, nous lui avons acheté un ballon suspendu, son jouet favori, dont il n’a plus profité depuis aussi longtemps que sa mobilité.
Nous croisons les doigts pour que ces améliorations se poursuivent et se maintiennent.