Gratuité scolaire: deux pôles polariés
J’ai eu une intéressante conversation sur Twitter concernant la gratuité scolaire versus la hausse des frais de scolarité. Ma position personnelle n’a toujours pas changé depuis que je suis étudiant : je suis pour de la gratuité scolaire universelle, mais je considère que c’est une fin avant d’être un moyen. La seule chose qui a changé, c’est que maintenant, je considère que la gratuité est la fin et le moyen.
Pendant mes études universitaires, j’ai entendu les deux pôles exposer leurs arguments.
Les partisans de la hausse ont de bons arguments, sauf lorsque vient le temps d’aborder l’accessibilité aux études supérieures des moins nantis. La bonification de l’aide financière n’est pas une solution miracle. Elle créé déjà un endettement monstre dans un système qui est déjà pseudogratuit. Concilier emploi et études n’est pas une évidence non plus; pour plusieurs, cela signifie d’hypothéquer sa réussite scolaire à un niveau inacceptable.
Les partisans de la gratuité scolaire ont de bons arguments, sauf lorsque vient le temps d’aborder le financement des universités. Car il faut bien les financer, ces universités. L’imposition n’est pas une solution miracle. Trop imposer les compagnies découragerait beaucoup de Québécois de bâtir une entreprise, alors que les entreprises étrangères cesseraient tout bonnement de s’installer ici. Quant au travailleur, il est déjà plutôt pris à la gorge, son apparente aisance financière cachant souvent un endettement par le crédit.
Je fais volontairement un portrait grossier de la situation. Je polarise la polarité. Le pléonasme dans le titre est donc volontaire.
Dans les deux groupes, il y a des gens intelligents qui discutent de solutions sensées, apportent des pistes de réflexion ouvertes (par opposition à celles qui sont fermées, qui adoptent l’apparence de réflexions, mais qui sont en fait des jugements arrêtés), se demandent s’il n’y a pas moyen de faire mieux.
Le problème, c’est qu’au moment où ces gens se lèvent, la discussion reste autour de la table à café, devant l’écran d’ordinateur, sur la table de travail dans la classe, dans le parc où ils ont dîné, etc. Lorsque la discussion les suit, elle est trop souvent laissée à la porte ou expulsée « rapido » de l’assemblée où elle serait vraiment pertinente.
Ce qu’il reste, ce sont les idées les plus solidement ancrées et les plus faciles. Ce sont elles qu’on voit quand les plans d’action sont déposés. Ce sont elles qui passent à la télévision, à la radio et dans les articles de la presse écrite, sur papier ou sur écran.
On en revient toujours au gringalet aux cheveux longs qui scandent que la population va déserter les bancs d’école au profit d’une minorité et la belle fille trop bien vêtue pour ses propres revenus qui scandent que l’école va déserter la population au détriment d’une élite.
Navrant!
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