Pourquoi je parle peu de politique
Je suis quelqu’un qui s’intéresse beaucoup à la politique, même si la politique est de moins en moins intéressante. J’ai des opinions et j’aime bien qu’elles ne soient pas statiques. La seule qui soit immuable est mon aspiration à l’indépendance du Québec. Aucun argument ne saura l’ébranler, mais les arguments concernant sa diffusion et sa défense sont bienvenus.
Cet intérêt pour la politique n’est pas très marqué sur ce blogue. Mon compatriote Le Gentil Astineux l’a même qualifié de « presque apolitique » il y a quelques années de cela. Cet intérêt ne se manifeste pas souvent dans mes commentaires sur les blogues d’autrui et si je ne commente pas souvent, c’est justement parce que la plupart des blogues que je lis parlent de politique. Quant à Twitter, mes gazouillis sur la politique sont largement dilués parmi ceux sur le cinéma, la formule un, l’histoire, mes trouvailles sur la Toile ou ceux plus personnels.
Pourtant, avant 2007, j’abordais beaucoup plus souvent la politique sur mon blogue et chez les autres blogueurs. À cette époque, mon blogue, qui s’appelait Les chroniques de Gradlon, faisait tranquillement son ascension dans les différents palmarès, sans toutefois se rapprocher des blogues encore plus versés dans la chose politique que le mien. J’aimais bien parler de politique sur la Toile à l’époque.
Puis est arrivée l’élection provinciale de 2007. Ce fut ma grande désillusion, non pas de la politique au Québec, mais de la façon dont on parlait de politique au Québec. Avant l’élection, l’ambiance était encore saine dans la blogosphère politique, là où l’essentiel des échanges sur le sujet se déroulait, Twitter et Facebook n’étant pas encore des joueurs importants. Malheureusement, de mon point de vue, pendant et après l’élection, c’était très dégueulasse sur la blogosphère.
Si le trollisme n’est pas arrivé au Québec en 2007, je pense que c’est assurément cette année-là qu’il a acquis ses titres de non-noblesse.
J’ai décroché à ce moment-là. Il était strictement impossible de discuter avec certaines personnes et, malheureusement, elles monopolisaient les échanges. Elles abusaient des sophismes de toute sorte, particulièrement l’attaque personnelle, l’appel au ridicule, l’argumentum ad odium, la généralisation en toutes formes et l’homme de paille. Ils faisaient aussi de la projection, à mon avis, en accusant les autres à tort d’adopter le comportement qu’eux-mêmes adoptaient. Par exemple : être aveugle aux efforts de nuancement de l’auteur et l’accuser catégoriquement de manquer de nuance!
En ce qui me concerne, cela a eu l’effet de freiner radicalement mon désir de parler de politique sur la blogosphère. Je préférais ne rester qu’un blogueur marginal, avec de faibles statistiques de visites, que de me retrouver empêtrer dans des discussions stériles, tant sur mon propre site que celui des autres. Étant donné que je n’appréciais pas me faire traiter de cave d’abord et me faire demander de commenter ensuite, j’ai arrêté de lire quelques blogues, majoritairement de droite, et j’ai diminué drastiquement de commenter sur les blogues de politique, parce que je ne souhaitais pas être à mon tour pris à partie avec ces personnes.
Est-ce que j’évite les débats? Non, parce que pour éviter quelque chose, il faut qu’elle existe et soit présente. Est-ce que j’évite les confrontations? Seulement celles qui sont stériles, celles qui ne peuvent rien m’apporter ou par lesquelles je ne peux rien apporter à autrui.
Toutefois, il semble que je ne puisse pas totalement y échapper et j’en ai eu la preuve récemment sur Twitter. C’est un peu de ma faute, car j’ai utilisé un mot-clic très populaire. Ça m’apprendra…