Prochaine étape
Comment entériner un énième billet sur mon frère? Une nouvelle étape est sur le point d’être franchie et nous espérons qu’elle portera ces fruits.
Pour se mettre en contexte, il ne s’alimente plus depuis le 24 décembre 2011. Plus exactement, il se sous-alimente depuis cette date, ces jours gourmands étant constitués de quelques cuillerées de nourriture. Depuis octobre 2011, il a perdu une trentaine de livres, soit environ quatorze kilogrammes, ce qui mène son poids à 104 lb (47 kg). En raison de son hémiplégie, il a subi des problèmes de croissances et il est normal qu’il ait un petit poids malgré ses 31 ans. Mais là, c’est vraiment trop bas.
Avec l’accord de son médecin, ma famille a donc pris une décision importante : procéder à une alimentation entérale. Ce sera probablement une gastrostomie, soit une sonde reliée directement à l’estomac. Certains appellent ça un « gavage médical », mais franchement, vu ce que signifie le gavage dans l’industrie alimentaire, je préfère le terme « alimentation entérale ».
Ça fait un an maintenant que ma famille envisage cette solution, car elle est indiquée dans les cas de pneumonie d’aspiration, ce que mon frère avait eu en janvier 2011 et qui a failli lui coûter la vie. Selon les médecins, le fait qu’il « s’aspire » régulièrement est ce qui provoquerait ses nombreuses fièvres, même si cela ne mène pas toujours à une pneumonie. Évidemment, sans alimentation orale, les risques de pneumonies par aspirations sont diminués.
Les personnes comme mon frère vivent beaucoup de l’instinct et l’on pense qu’il aurait lui-même associé l’ingestion de nourriture par voie orale à ses problèmes de santé. Que ce soit le cas ou non, il a subi une batterie de tests pour savoir si la cause de son refus de manger était de nature physique et les résultats furent négatifs. Le blocage se situerait entre ses deux oreilles et, malheureusement, nous ne pouvons plus rien faire à ce niveau.
Heureusement, mon frère n’a jamais été un amateur de nourriture. Même avant les complications de la dernière année, manger n’avait jamais été un plaisir pour lui. Ce n’était qu’une obligation pour survivre, point final. Nous croyons donc que l’alimentation entérale ne peut être que positive, à moins qu’il n’arrive quelques complications liées à l’opération. Autrement, mon frère ne sera que plus heureux de ne plus se faire achaler pour avaler des aliments, il recouvrera des forces et des munitions immunitaires et pourra reprendre ses médicaments de façon régulière.
Évidemment, nous aurions aimé qu’il continue de manger, car nous souhaitons toujours une vie des plus normales et le plus d’autonomie possible pour nos proches, mais lorsque leur qualité de vie est en jeu, nous n’hésitons plus très longtemps…
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gradlon a publié ce billet