Bon débarras 2011
L’année 2011 est terminée. Il était temps! À part cet été, je ne peux pas dire que ce fut une belle année.
Elle a commencé assez mal avec les problèmes de santé de mon père. Nous sommes passés de la crainte qu’il ait une bactérie inconnue à un problème de ganglions qui s’est résorbé par lui-même. Ce n’était pas drôle de le voir. Il était émacié, blême et faible. Les médecins ignorent ce qui a provoqué ce trouble, mais le stress par rapport au démarrage lent de sa compagnie pourrait ne pas y être étranger.
Ce fut ensuite la santé de mon frère. Ce fut de véritables montagnes russes tout au long de l’année auxquelles se sont greffés des obstacles concernant son hébergement. Cela a commencé par une hospitalisation en janvier pour une pneumonie par aspiration, probablement due à une autostimulation de la gorge que se faisait mon frère. Rappelons qu’il souffre d’une paralysie sévère ayant causé un polyhandicap. A suivi une seconde hospitalisation en février pour une pneumonie plus bénigne et des problèmes de plaies que l’on croyait d’abord être des plaies de lit, mais qui se sont avérées être le fruit d’une bactérie.
À partir du mois de mai, tout rentrait dans l’ordre. Sa personne ressource suivait à la lettre les consignes de l’ergothérapeute et des médecins et mon frère n’avait plus de problème au niveau de la gorge et de ses plaies. Mais sa fiducie régionale (centre de réadaptation) a estimé qu’il y avait un problème avec la ressource familiale qui exigeait le déplacement d’urgence de mon frère et des autres clients.
On est en août et les vrais problèmes commencent. Non seulement mon frère réagit fortement aux changements brusques, mais nous soupçonnons qu’il y a eu négligence de la part de la nouvelle ressource familiale. Le résultat fut qu’il fut hospitalisé trois fois en deux mois et que nous avons, une nouvelle fois, craint pour sa vie lors de la deuxième hospitalisation. Nous avons appris que les consignes spécifiques à sa situation n’étaient plus respectées et que la ressource n’était pas forte sur l’entretien hygiénique de ses clients.
À la deuxième hospitalisation, nous avons entrepris les démarches pour obtenir la curatelle privée de mon frère. Pour l’instant, il est sous sa propre curatelle, si l’on peut dire. À la troisième hospitalisation, nous avons décidé qu’il ne retournerait plus dans la nouvelle ressource. Avec l’appui des médecins et de la fiducie régionale, nous avons opté pour un CHSLD précis, en sachant que l’univers de mon frère allait être encore chamboulé, mais en espérant que ce soit la dernière fois.
Les deux processus apportent beaucoup de stress. La mise sous curatelle privée implique nécessairement des procédures juridiques et des responsabilités plus accrues. L’admission en CHSLD impliquait la possibilité que mon frère se retrouve en transition dans n’importe quel CHSLD du nord de Lanaudière pour un temps indéterminé. Vous ne le savez peut-être pas, mais le nord de Lanaudière, c’est foutrement grand!
Heureusement, il est passé directement de l’hôpital au CHSLD de notre choix. Nous ne regrettons pas ce choix, car nous aimons bien les soins et l’attention prodigués par cet établissement, mais comme nous nous y attendions, mon frère réagit fortement. Bien qu’il soit toujours souriant et radieux, il ne mange plus depuis deux semaines. Son médecin n’est pas inquiet, puisqu’il est sous perfusion de soluté, mais il devrait incessamment être transféré à l’hôpital pour des examens. Nous espérons éviter l’alimentation entérale, communément appelée « gavage médical », mais nous ne l’excluons pas.
Disons que mon frère n’est pas un grand gourmet, alors ne plus avoir le plaisir de goûter et d’ingérer des aliments ne sera pas une grande privation pour lui.
Évidemment, tout ça a eu des incidences dans d’autres domaines de ma vie, dont les principaux sont mes études et mes finances. J’ai dépensé beaucoup d’argent pour être auprès de mon frère cette année, mais j’ai aussi fait le choix nécessaire de m’acheter une voiture d’occasion et de payer des dettes. J’espérais que j’allais quand même pouvoir rembourser mes frais de scolarités de septembre, mais les occasions de me faire des sous ont été rares, la situation financière de mes proches est demeurée précaire et les dépenses n’ont pas diminué!
Résultat : je ne suis pas inscrit pour la session d’hiver à l’UQAM, ce qui fut l’élément déclencheur pour une décision que je développerai dans mon prochain billet, « 2012 attendue de pied ferme ».
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gradlon a publié ce billet