Hugo (v.f.q.)

Chaque article et chaque critique qui ont été faits sur Hugo répètent la même rengaine : premier film pour enfant de Martin Scorcese, son premier film classé pour tous en 18 ans, son premier sans Leonardo DiCaprio en sept ans, et pour les « cinémaniaques », son premier en 20 ans à être tourné en 1.85:1 (wide screen) plutôt qu’en 2.35:1 (cinémascope).

Ces dernières années, Martin Scorcese n’a fait que des films d’époques, à l’exception de l’excellent Agents troubles en 2006. Les gangs de New York (2002) se déroulait en pleine guerre civile américaine, L’aviateur (2004) couvrait les périodes de la Grande Dépression et de la Deuxième Guerre mondiale alors que Shutter Island (2010) avait pour époque 1954, année de la fin du maccarthysme. Quant à Hugo, il a pour toile de fond le Paris, mais surtout l’une de ses gares, des années 30.

C’est l’histoire d’Hugo Cabret, un jeune orphelin habitant clandestinement une gare fictive de Paris, sans doute inspirée de Paris-Gare de Lyon pour l’architecture et de Paris-Montparnasse pour l’accident de train. Hugo remonte les horloges de la gare et chaparde pour vivre, dont des pièces mécaniques à un vieux boutiquier de jouets dans le but de réparer un automate, seul souvenir de son père. Aidé de la filleule du boutiquier, Isabelle, il parvient à réparer l’automate, ce qui lui ouvrira la porte du passé enfoui du boutiquier lui-même.

Dans Hugo, il est plaisant de découvrir les décors enchanteurs et presque poétiques de la gare et ses alentours, un Paris constitué en partie d’images réelles et de reconstitutions numériques. Les entrailles de la gare sont les plus impressionnantes, constituant à elles seules un univers en soi, dans lequel évolue Hugo, et représentant une sorte de grand mécanisme qui ferait fonctionner la gare.

Les acteurs campent leurs rôles respectifs avec talent. Asa Butterfield est un Hugo touchant, Chloë Grace Moretz joue une Isabelle enthousiaste, ce qui explique le surjeu que certains lui reprochent, et Sacha Baron Cohen est un inspecteur de gare badin à souhait qu’il est difficile de haïr. Emily Mortimer, Richard Griffiths, Frances de la Tour et Christopher Lee donnent vie de façon pondérée aux principaux personnages secondaires animant la gare. Mais c’est surtout Ben Kinglsey qui impressionne le plus, jouant avec grand équilibre un Georges Méliès à la fois autoritaire, tourmenté et touchant.

Outre ses beaux décors, ses effets spéciaux de grande qualité et sa distribution de talent, Hugo offre une histoire où l’humour discret côtoie les émotions, tout aussi discrètes, mais bien senties. La curiosité du spectateur est piquée, mais s’essouffle à partir de la moitié du film, alors que se développe une nouvelle intrigue qui est moins… intrigante. Le film nous donne droit aussi à quelques scènes d’actions, principalement des courses mettant en vedette l’inspecteur de la gare.

Enfin, Hugo est une production doublée au Québec, mais dans un français standard qui emprunte un peu trop la prononciation parisienne et simplement employer un français international. On a donc parfois l’impression que le film est doublé dans l’Hexagone, ce qui n’est pas souvent le cas des films doublés au Québec.

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  1. gradlon a publié ce billet
 
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