Souvenirs scouts : coucher dans la neige
C’est l’une des plus merveilleuses expériences chez les scouts. D’ailleurs, je suis toujours un peu déçu pour les jeunes des unités où des animateurs frileux ou pépères leur refusent ce défi.
Il y a trois types de camping d’hiver chez les scouts canadiens-francophones. Le camping léger itinéraire, dit « Ours polaire bleu », consiste à passer deux nuits consécutives dans deux abris légers différents et deux emplacements différents. Le camping léger fixe, dit « Ours polaire rouge », consiste à passer deux nuits consécutives dans au moins un type d’abri léger, bien qu’il faille en connaître deux. Enfin, le camping lourd, dit « Ours polaire vert », consiste à passer au moins une nuit dans un abri lourd chauffé, soit une tente prospecteur avec un poêle.
Les adultes doivent suivre trois formations différentes. Le scoutisme d’hiver de base s’adresser à tous les animateurs de toutes les branches d’âge. Il concerne les rudiments du plein air en hiver, et contrairement à ce que plusieurs pensent, c’est loin d’être des notions « déjà vues »! Bien que tous les animateurs puissent et soient encouragés à les suivre, le scoutisme d’hiver léger (itinérant) et le scoutisme d’hiver lourd s’adressent d’abord aux animateurs des branches de 12 à 17 ans. Ils comprennent une partie théorique et une partie pratique, respectivement de deux et une nuits, ce qui en freine certains.
J’ai adoré suivre les formations, particulièrement ceux avec une partie pratique. Elles permettent aux adultes du mouvement de se rapprocher et de vraiment comprendre ce qu’ils s’apprêtent ensuite à faire vivre aux jeunes.
J’ai préféré dormir dans un quinzhee (celui de l’article et celui de la photo sont plutôt mal faits), comme c’est le cas pour la plupart des adultes et des jeunes. Il est long à construire, mais on ne s’ennuie pas. Dormir dans un quinzhee, c’est s’assurer une température confortable et constante d’environ -4 °C. C’est également vivre l’une des nuits les plus calmes de sa vie, car c’est le silence total. Avec un bon lit de paille pour couper l’humidité, de deux matelas de sol (non autogonflant) et un sac de couchage coté de -24 °C maximum, c’est le bonheur assuré.
Même si l’on ne couche pas dehors lorsqu’on le fait vivre aux jeunes, c’est toujours agréable de les voir construire leurs abris et de faire des tours de garde au bord du feu la nuit. C’est calme! Dans notre unité, les tours de garde permettaient aux parents de participer un peu à l’aventure scoute et aux animateurs de se constituer un bassin de recrutement!
Le camping d’hiver est un défi, car il est strictement interdit d’entrer dans un bâtiment durant toute la durée du séjour. Il faut enfiler des vêtements froids, mais secs, ce qui est particulièrement désagréable le matin. Si l’on a envie en pleine nuit, il faut sortir du sac de couchage chaud et aller se soulager à l’extérieur, car les envies forcent le corps à réchauffer le ventre au détriment des autres parties. Pour certains, c’est la pudeur qui est le défi, car il est fortement déconseillé de dormir avec un pyjama ou des « combines » dans les sacs de couchage. Ils sont chauds au début, mais captent et emprisonnent, ce qui rend le pouvoir isolant du sac inefficace.
Mais rien ne bat manger une bonne soupe chaude de type Chunky au bord du feu!
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