Anecdotes catholiques

C’est mon compatriote blogueur Le GentilAstineux, du Gentiblogue, qui m’a inspiré ce billet. Il est le seul dont je lis les billets à la défense de l’Église catholique, ce qui n’implique pas que je partage ses vues sur cette institution.

Ma grand-mère était une bonne pratiquante catholique. Malgré quelques démêlés avec sa paroisse d’origine au moment de se marier en 1950, elle était au rendez-vous à l’Église tous les dimanches jusqu’aux années 2000, époque où a débuté sa lente perdre d’autonomie. Sa matière préférée à l’école était l’étude de l’histoire sainte.

Une éducation différente aidant, grand-maman et moi n’avions pas les mêmes sentiments envers la religion, et plus précisément, l’Église catholique. Néanmoins, nous nous sommes toujours respectés mutuellement sur cette question. Même que sur certains points spirituels, nous nous rejoignions. C’était davantage pour les aspects dogmatiques et politiques que nous nous éloignions.

Elle gardait son calme et son sang-froid lorsque je lui exposais mes doléances envers la religion catholique. J’en faisais tout autant lorsqu’elle vivait des moments religieux importants pour elle alors que je me trouvais en sa présence. Sachant que la religion était importante pour elle, je m’arrangeais pour lui faire plaisir à travers ça. Je l’ai déjà emmené passer une journée à l’Oratoire Saint-Joseph et je lui ai acheté un beau Sacré-Coeur à accrocher au mur.

Lorsqu’elle est décédée en 2009, j’étais présent au salon funéraire lors des préparatifs pour l’exposition et le service. Lorsqu’on a choisi le texte qui allait se retrouver sur les signets souvenirs, l’une de mes tantes refusait toute référence religieuse. À son grand déplaisir, j’étais là pour lui rappeler que, pour grand-maman, la religion, particulièrement au moment du passage de la vie à la mort, était très importante et que, par respect pour sa foi, le texte devait contenir une référence religieuse.

Avec l’appui de mes parents et de mon oncle, j’ai remporté mon point. D’ailleurs, je tiens à exprimer mon appréciation du service qu’a rendu le célébrant. Je me suis senti respecté dans ma propre spiritualité, sans pour autant sentir qu’il dénaturait son appartenance à l’Église catholique.

Quelques jours après l’exposition, l’une de nos voisines avait obtenu du curé de notre paroisse une mention à la mémoire de grand-maman. Uniquement par respect, mais surtout par amour, pour elle, je m’y suis rendu. Malheureusement, j’ai atteint la limite de ce que je pouvais faire par amour pour elle en matière de religion. Je ne me suis agenouillé qu’une seule fois, la première, sur trois et je n’ai pas participé à la communion. J’ai bien senti un regard des autres paroissiens, mais je n’étais pas là pour eux…

J’ai douté un moment. Avais-je été irrévérencieux envers grand-maman? Ma mère, issue d’une génération entre celle de grand-maman et la mienne et plus près des valeurs religieuses de grand-maman que sa soeur, m’a rassuré. Elle m’a dit que grand-maman était certainement heureuse des efforts que j’avais faits pour lui rendre un dernier hommage, pour lui montrer, une dernière fois, tout l’amour et le respect que j’avais pour elle.

Faites la conclusion que vous voudrez bien de ce billet. Pour moi, ce sont des anecdotes parmi d’autres d’un lien spécial qui unissait une grand-maman et son petit-fils, remplis d’amour l’un pour l’autre.

Crédit photo: Dr Neil Clifton

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  1. gradlon a publié ce billet
 
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