Étudiant au baccalauréat en travail social, je partage sur ce blogue mes réflexions les enjeux sociaux, mais aussi mon ancien domaine d'étude, l'histoire, ainsi que sur la politique, l'actualité, le plein air, la formule un et tout autre sujet sur lequel mon regard peut s'arrêter, dont des anectodes plus personnelles.
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Bilan d’une première année

Voilà que s’achève ma première année d’études en travail social à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

L’automne a commencé difficilement, mais les choses se sont améliorées par la suite. La fin de ma première session et le début de la deuxième furent une période géniale. Motivation, énergie, confiance. Puis, les choses se sont mises à décliner rapidement, de sorte qu’à la relâche, j’avais déjà hâte que la session soit terminée.

Je ne suis pas en mesure de déterminer ce qui a cloché exactement dans cette deuxième session. Probablement la conjoncture de plusieurs éléments. En début de session, j’ai peut-être surestimé ma capacité à rester plus longtemps, cinq semaines consécutives, à Val-d’Or avant de revenir chez moi. Cependant, peut-être que j’en aurais été capable si mes cours avaient été aussi stimulants que ceux de la première session et que, pour de stupides raisons financières, je n’avais pas manqué les premières séances du seul cours vraiment motivant de la session.

Le climat abitibien n’y est peut-être pas étranger non plus. Trop peu de soleil à mon goût.

Bref, après les trois premières semaines, j’ai connu un épisode dépressif. Je me connais, je sais que c’est de cela qu’il s’agissait. Fatigue excessive, irritabilité, baisse de la concentration. Je n’en suis pas totalement revenu encore, même si j’ai pris les moyens pour éviter le pire après la relâche.

Cette année, j’ai fait plusieurs prises de conscience et n’en déplaise à mes professeurs, leurs cours n’ont rien eu à voir avec cela.

Je ne suis pas mécontent que la session se termine bientôt. Retourner chez moi pour les quatre prochains mois ne me fera que du bien. Je reviendrai en septembre, où un programme plus intéressant m’attendra, avec mes premiers cours d’intervention.

Si je sais que je serai à Val-d’Or en septembre, j’envisage les choses différemment pour janvier 2015. Je vais demander mon transfert à Rimouski en espérant l’obtenir. J’ai besoin du fleuve et d’une stabilité que l’UQAT ne semble pas pouvoir m’offrir. Ce n’est pas un reproche, cette institution fait face à une réalité bien particulière.

La question des stages me turlupine aussi. L’UQAT veut qu’ils se fassent sur leur territoire, ce qui complique grandement les choses. Je n’ai aucun intérêt à faire mes stages en Abitibi. Ce n’est pas mon milieu et cela représentera une année entière à n’être en Abitibi que pour mes stages. En outre, le vent entre les branches laisse entendre que même en Abitibi, les stages des étudiants de l’UQAT en travail social semblent problématiques.

Quoi qu’il advienne, je ne lâche pas. Et quoi qu’en pense François Legault, je serai très utile à la société en tant que travailleur social.

À ma place

Pour l’une des rares fois dans ma vie, je me sens à ma place. Je ne parle pas de Val-d’Or, mais du baccalauréat en travail social. Il est difficile pour moi de m’attacher à Val-d’Or. Là où j’habite habituellement, je connais le meilleur des deux mondes. Je suis près de la métropole et près de la nature verdoyante de Lanaudière.

Ce fut plus facile de m’attacher au baccalauréat en travail social. J’aime la plupart des cours que j’ai à mon horaire, même si je peine à comprendre les critères d’évaluation de l’un de mes professeurs. Sinon, la matière est très intéressante, les professeurs savent nous allumer et les autres étudiants…

Je n’ai jamais été dans des classes aussi diversifiées. Il y a plusieurs autres adultes de ma tranche d’âge ayant un vécu professionnel et personnel à partager. Cela ajoute beaucoup à la partie magistrale. L’un a travaillé avec les itinérants, une autre a travaillé avec les jeunes délinquants. Une étudiante peut faire des liens avec son expérience en centre jeunesse (DPJ).

Moi aussi, je peux établir des parallèles, tant avec mon expérience avec les jeunes (Scouts), mon travail auprès des traumatisés crâniens et mon frère polyhandicapé.

Outre l’expérience de plusieurs, beaucoup d’étudiants viennent de l’extérieur de l’Abitibi. Québec, Trois-Rivières, Mascouche, Sorel-Tracy, etc. D’être entouré de gens qui vivent aussi l’éloignement, les aller-retours, l’adaptation à une région qui a parfois des airs de pays à part entière, ça fait du bien. Je ne suis pas le seul à chercher à retourner vers les miens.

Je ne considère pas être à ma place à Val-d’Or, mais je suis certainement à ma place au baccalauréat en travail social et parmi les autres étudiants.

Enfin du concret

Ce n’était pas mon premier choix, mais lorsqu’on choisit (un bien grand mot, en fait!) de suivre un autre chemin que celui qui est déjà tout tracé, on doit souvent faire une croix sur ses premiers choix.

Si bien que, moi qui espérais entreprendre mon baccalauréat en travail social sur un campus situé à seulement 30 km de chez moi, je vais plutôt poursuivre mes études dans une université qui est à une distance de 500 km de ma maison!

Mais voilà, cette université est l’une des rares au Québec pour laquelle le programme en travail social n’était pas contingenté, faisant en sorte qu’il restait quelques places pour l’automne 2013, même plus d’un mois après la date limite d’admission.

J’ai saisi la balle au vol. Je préfère faire trois ans d’études à 500 km de chez moi plutôt que devoir retourner au cégep pour finir mon DEC en sciences humaines ou opter pour la passerelle DEC-BAC via une technique en travail social. J’aurais étudié près de chez moi, mais je remettrais à cinq ans, davantage peut-être, la date prévue d’obtention de mon bac.

Je m’exilerai vers la fin août. Je compte revenir pour une fin de semaine avant la relâche de mi-session, que j’envisage également de passer chez moi. Enfin, je reviendrai pour une autre fin de semaine entre la relâche et la fin de session. C’est mon plan pour chaque session, en revenant dans mon patelin tous les étés, bien entendu.

Avec un peu de chance, je pourrai même faire la troisième année en restant chez moi, en raison des stages. C’est à voir.

Depuis mon désir de changer de branche il y a un an, voilà enfin du concret. Habituellement, le concret vient après les études, largement théoriques, mais dans mon cas, je navigue dans un domaine où je n’ai pas de rôle défini ni de formation de base adéquate. Je navigue sans carte, sans compas et sans cap.

Voilà pourquoi, pour moi, la théorie apparaît comme quelque chose de concret.

Questions et frustrations

J’ai deux emplois. Je travaille pour un organisme voué à l’intégration sociale des personnes ayant un traumatisme craniocérébral (TCC) et je suis également accompagnateur pour un non-voyant qui s’avère également être un TCC, ajoutant à sa cécité totale certaines incapacités cognitives.

J’en suis conscient. Malgré tout, je me pose des questions et vis certaines frustrations par rapport à sa situation.

Je me demande pourquoi, six ans après son accident, mon client n’utilise pas sa canne blanche de manière adéquate. Il a reçu une réadaptation de premier ordre et est constamment accompagné d’une personne dans le moindre de ses déplacements.

Il a certainement appris, à un moment, qu’il faut décrire de grands arcs rapides avec sa canne pour bien percevoir son entourage. Or, il laisse sa canne bien droite devant lui, augmentant ses risques de collision.

Pire, il s’excuse lorsque sa canne frappe le pied de quelqu’un. Dans mon esprit, il n’a pas à le faire. Il est non-voyant, bon sang! C’est normal, voire nécessaire, que sa canne cogne des pieds.

Je sais qu’il éprouve certains problèmes de mémoire et de compréhension. C’est l’aspect « limites cognitives », mais il y a des limites à ses « limites », particulièrement celles qu’un de ses parents lui trouvent.

De là l’une de mes frustrations. Je m’explique.

Mon client s’est engagé dans un comité mis sur pieds par l’organisme pour lequel je travaille également. Ses deux parents sont au courant et savent qu’il a des rencontres hebdomadaires. Néanmoins, avant la dernière rencontre, son parent nous informe qu’il sera absent parce que, selon lui, ça ne sert à rien; il ne s’en souviendra pas.

Ça m’a frustré pour deux raisons.

D’abord, mon client n’a pas tant de problèmes à enregistrer l’information. C’est plutôt de la chercher seul dans sa mémoire qui pose problème. Généralement, un tout petit indice suffit à (presque) tout faire remonter les souvenirs à la surface.

Ensuite, outre l’effarante infantilisation dans laquelle son parent le cantonne, c’est la forme « d’égoïsme projeté » qui s’en dégage qui me dérange.

Son fils n’est pas le seul être vivant au monde et il s’est engagé envers les autres membres du comité. Ceux-ci comptent sur sa présence, sur ses idées, sur son vécu. C’est un manque de respect pour eux que d’empêcher son fils d’être présent pour une raison aussi individualiste que celle qui nous a fournie.

Je semble vider mon sac, et c’est peut-être le cas. Je trouve ça dommage qu’une personne soit limitée dans sa progression par son entourage et ça me frustre quand on freine les efforts que d’autres investissent dans cette même progression.

Jack Reacher

Depuis quelques années (2005, pour être précis), chaque sortie d’un nouveau film mettant en vedette Tom Cruise apporte un vent de scepticisme. Car il faut l’admettre, même si certains films sortis depuis 2005 sont plutôt bons, on craint toujours un ennuyant Lions for Lambs ou un désolant Knight and Day. On a aussi remarqué, depuis qu’on se l’arrache moins à Hollywood, que Tom Cruise n’est pas un si bon acteur s’il n’est pas dirigé par un réalisateur solide, ce qu’il a été dans la plupart de ses grands films, de Born on the Fourth of July (Oliver Stone, qui a réussi à tempéré et rendre crédible Nicolas Cage World Trade Center, ce qui n’est pas rien) à War of the Worlds (Steven Spielberg).

De prime abord, Jack Reacher ne laisse rien présager de très bon. Son réalisateur, Christopher McQuarrie, n’a qu’un seul autre film à sa feuille de route derrière la caméra et c’est l’inconnu The Way of the Gun de 2000. À titre de scénariste, il a été plus prolifique, mais seul The Usual Suspects ressort d’un lot composé, entre autres, de Valkyrie et The Tourist. Rien de très rassurant pour la direction de Tom Cruise ni pour le scénario de Jack Reacher, qu’il signe également.

Ce sont d’ailleurs là les deux principaux défauts d’un film qui n’est, au final, pas mauvais du tout. Les scènes d’actions sont réalisées à l’ancienne et très appréciables, notamment les séquences d’affrontements à mains nues. Il y a une bonne dose d’humour, quoiqu’on doute qu’elle soit toujours volontaire. Malgré ces 130 minutes, on ne s’ennuit pas durant ce film qui se rapproche de la série B. Or, normalement, 130 minutes serait une interminable éternité pour un film de série B!

L’interprétation de Tom Cruise est cependant très limitée et il ne parvient pas à se hisser au-dessus d’une distribution intéressante, mais sous-utilisée. Bien qu’elle apporte le seul côté émotif de la distribution principale, Rosamund Pike n’est vite reléguée qu’à l’accessoire. Richard Jenkins, l’un des meilleurs acteurs des dernières années, n’a que quelques furtives minutes à l’écran. Quant à Werner Herzog, son rôle est réduit à celui de méchant de service, plus caricatural qu’inquiétant.

Heureusement, il y a Robert Duvall pour venir relever tout ça. Il faut admettre qu’il n’est pas utilisé à contre-emploi dans le rôle d’un propriétaire de champs de tir militariste, lui qu’on sait un ardent républicain. Son personnage n’en demeure pas moins le plus attachant et dont les répliques sont les plus drôles.

On aura oublié Jack Reacher la semaine prochaine. Ce n’est pas le film qui a les meilleurs ingrédients, mais, étrangement, la recette finale permet de se divertir un bon moment, d’apprécier un vengeur humain et faillible qui sait se battre et piloter la Corvette SS.

À titre comparatif, Jack Reacher est moins bon que Mission: Impossible III, mais bien meilleur que Knight and Day!