Je suis étudiant en histoire qui partage sur ce blogue ses réflexions sur cette discipline, mais aussi sur la politique, l'actualité, les enjeux sociaux, le plein air, la formule un et tout autre sujet sur lequel son regard peut s'arrêter, dont des anectodes plus personnelles.
J’ai deux emplois. Je travaille pour un organisme voué à l’intégration sociale des personnes ayant un traumatisme craniocérébral (TCC) et je suis également accompagnateur pour un non-voyant qui s’avère également être un TCC, ajoutant à sa cécité totale certaines incapacités cognitives.
J’en suis conscient. Malgré tout, je me pose des questions et vis certaines frustrations par rapport à sa situation.
Je me demande pourquoi, six ans après son accident, mon client n’utilise pas sa canne blanche de manière adéquate. Il a reçu une réadaptation de premier ordre et est constamment accompagné d’une personne dans le moindre de ses déplacements.
Il a certainement appris, à un moment, qu’il faut décrire de grands arcs rapides avec sa canne pour bien percevoir son entourage. Or, il laisse sa canne bien droite devant lui, augmentant ses risques de collision.
Pire, il s’excuse lorsque sa canne frappe le pied de quelqu’un. Dans mon esprit, il n’a pas à le faire. Il est non-voyant, bon sang! C’est normal, voire nécessaire, que sa canne cogne des pieds.
Je sais qu’il éprouve certains problèmes de mémoire et de compréhension. C’est l’aspect « limites cognitives », mais il y a des limites à ses « limites », particulièrement celles qu’un de ses parents lui trouvent.
De là l’une de mes frustrations. Je m’explique.
Mon client s’est engagé dans un comité mis sur pieds par l’organisme pour lequel je travaille également. Ses deux parents sont au courant et savent qu’il a des rencontres hebdomadaires. Néanmoins, avant la dernière rencontre, son parent nous informe qu’il sera absent parce que, selon lui, ça ne sert à rien; il ne s’en souviendra pas.
Ça m’a frustré pour deux raisons.
D’abord, mon client n’a pas tant de problèmes à enregistrer l’information. C’est plutôt de la chercher seul dans sa mémoire qui pose problème. Généralement, un tout petit indice suffit à (presque) tout faire remonter les souvenirs à la surface.
Ensuite, outre l’effarante infantilisation dans laquelle son parent le cantonne, c’est la forme « d’égoïsme projeté » qui s’en dégage qui me dérange.
Son fils n’est pas le seul être vivant au monde et il s’est engagé envers les autres membres du comité. Ceux-ci comptent sur sa présence, sur ses idées, sur son vécu. C’est un manque de respect pour eux que d’empêcher son fils d’être présent pour une raison aussi individualiste que celle qui nous a fournie.
Je semble vider mon sac, et c’est peut-être le cas. Je trouve ça dommage qu’une personne soit limitée dans sa progression par son entourage et ça me frustre quand on freine les efforts que d’autres investissent dans cette même progression.
Depuis quelques années (2005, pour être précis), chaque sortie d’un nouveau film mettant en vedette Tom Cruise apporte un vent de scepticisme. Car il faut l’admettre, même si certains films sortis depuis 2005 sont plutôt bons, on craint toujours un ennuyant Lions for Lambs ou un désolant Knight and Day. On a aussi remarqué, depuis qu’on se l’arrache moins à Hollywood, que Tom Cruise n’est pas un si bon acteur s’il n’est pas dirigé par un réalisateur solide, ce qu’il a été dans la plupart de ses grands films, de Born on the Fourth of July (Oliver Stone, qui a réussi à tempéré et rendre crédible Nicolas Cage World Trade Center, ce qui n’est pas rien) à War of the Worlds (Steven Spielberg).
De prime abord, Jack Reacher ne laisse rien présager de très bon. Son réalisateur, Christopher McQuarrie, n’a qu’un seul autre film à sa feuille de route derrière la caméra et c’est l’inconnu The Way of the Gun de 2000. À titre de scénariste, il a été plus prolifique, mais seul The Usual Suspects ressort d’un lot composé, entre autres, de Valkyrie et The Tourist. Rien de très rassurant pour la direction de Tom Cruise ni pour le scénario de Jack Reacher, qu’il signe également.
Ce sont d’ailleurs là les deux principaux défauts d’un film qui n’est, au final, pas mauvais du tout. Les scènes d’actions sont réalisées à l’ancienne et très appréciables, notamment les séquences d’affrontements à mains nues. Il y a une bonne dose d’humour, quoiqu’on doute qu’elle soit toujours volontaire. Malgré ces 130 minutes, on ne s’ennuit pas durant ce film qui se rapproche de la série B. Or, normalement, 130 minutes serait une interminable éternité pour un film de série B!
L’interprétation de Tom Cruise est cependant très limitée et il ne parvient pas à se hisser au-dessus d’une distribution intéressante, mais sous-utilisée. Bien qu’elle apporte le seul côté émotif de la distribution principale, Rosamund Pike n’est vite reléguée qu’à l’accessoire. Richard Jenkins, l’un des meilleurs acteurs des dernières années, n’a que quelques furtives minutes à l’écran. Quant à Werner Herzog, son rôle est réduit à celui de méchant de service, plus caricatural qu’inquiétant.
Heureusement, il y a Robert Duvall pour venir relever tout ça. Il faut admettre qu’il n’est pas utilisé à contre-emploi dans le rôle d’un propriétaire de champs de tir militariste, lui qu’on sait un ardent républicain. Son personnage n’en demeure pas moins le plus attachant et dont les répliques sont les plus drôles.
On aura oublié Jack Reacher la semaine prochaine. Ce n’est pas le film qui a les meilleurs ingrédients, mais, étrangement, la recette finale permet de se divertir un bon moment, d’apprécier un vengeur humain et faillible qui sait se battre et piloter la Corvette SS.
À titre comparatif, Jack Reacher est moins bon que Mission: Impossible III, mais bien meilleur que Knight and Day!
D’emblée, il ne fallait pas se créer d’attentes. Du moins, pas d’attentes nées de la fabuleuse expérience cinématographique que fut la trilogie du Seigneur des anneaux, sortie sur les écrans il y a une décade. Même en ayant en tête que Peter Jackson ne pourrait probablement pas pousser Le hobbit : Un voyage inattendu au même niveau, très élevé, que les aventures de Frodon et ses amis, je suis sorti de la projection avec une certaine déception.
Le premier tiers du film était long. Très long, mais, je pouvais passer outre, puisque, après tout, le début de La communauté de l’anneau était, lui aussi, passablement long. On veut bien installer les personnages avec lesquels nous cheminerons, c’est le cas de le dire, jusqu’en juillet 2014. Je peux donc comprendre que cette aventure tarde à débuter, sachant (espérant) qu’à l’instar des deuxième et troisième volets de la trilogie originale, La désolation de Smaug et Histoire d’un aller et retour entreront plus rapidement dans le vif du sujet.
J’espère aussi que ces épisodes subséquents seront plus sombres, avec un humour tout aussi bon enfant, mais davantage circonstanciel, car là fut ma plus grande désillusion. Jusqu’à l’arrivée de Gollum, toujours campé par l’excellent Andy Serkis pour une seule scène, Un voyage inattendu se présente davantage comme un film pour enfant qu’une épopée fantastique. L’humour est assez infantile, mais pas bon enfant, frôlant même l’humour scatologique à un bref instant. Les Orques, Trolls et autres créatures du mal n’inquiètent pas le moins du monde, ni même le mystérieux personnage appelé le Nécromancien, un nom qui devrait pourtant, à lui seul, inspirer une certaine appréhension.
J’ignore si cela est à cause de la fréquence de 48 images par secondes, mais le décor, les créatures et les séquences d’action me sont apparus singulièrement invraisemblables, alors que dans la trilogie originale, malgré l’univers fantastique dans lequel on était plongé, tous ces aspects me semblaient incroyablement réalistes. Dans Un voyage inattendu, j’ai parfois eu l’impression de voir des effets spéciaux de moins bonne qualité, alors que le but du 48 f/s est plutôt le contraire.
Il n’en demeure pas moins que certaines séquences étaient à couper le souffle et que les personnages humains étaient si bien rendus qu’on avait l’impression qu’ils étaient réellement là. La distribution, hormis quelques personnages rescapés du Seigneur des anneaux, était excellente, menée par un Martin Freeman très juste en Bilbon Saquet et, tel que je l’ai dit, un Andy Serkis savoureux dans la peau de Gollum.
Si mes attentes étaient demeurées à un niveau que je considérais raisonnable pour Un voyage inattendu, elles seront plus élevées pour La désolation de Smaug, car je m’attendrai désormais à ce que ce premier épisode ne fusse que ça : le premier tome d’une trilogie, moins spectaculaires et profondes que ces suites, comme on l’a vu pour de nombreux autres débuts de sagas (souvent avortées, ironiquement).
Une dernière chose : souhaitons que Peter Jackson ait mis la pédale douce sur les prises de vue aériennes pour la suite, car il y avait vraiment abus dans Un voyage inattendu!
Comme bien des gens, j’étais devant Tout le monde en parle lors de l’entrevue avec Mme Marois. Je ne vais pas revenir sur l’ensemble de ses propos, seulement sur ce qu’elle a dit concernant les urgences. Elle disait que lorsqu’elle était ministre de la Santé sous le gouvernement Bouchard, elle et différentes personnes concernées avaient conclu que la solution aux problèmes des urgences québécoises ne résidait ni à l’urgence elle-même, ni à l’étape suivante, à savoir l’hospitalisation.
Cette réflexion, que je trouve sensée, me ramène à une expérience personnelle vécue il n’y a que quelques jours. J’ai fait une chose qui ne devrait pas être faite. Je suis allé à l’urgence pour ce que je croyais une bronchite aiguë.
Ça faisait onze jours que j’avais de la toux et de la congestion bronchique. La durée en soi n’était pas un problème, mais de jour en jour, mon état s’aggravait. La toux était de plus en plus profonde et répétitive. Je ne sentais plus le mal de gorge tellement j’avais la trachée irritée et des courbatures partout. Mon mal de tête ne partait pas, je n’avais plus d’énergie et j’avais des étourdissements. Plus aucun produit en vente libre ne fonctionnait.
J’ai un peu paniqué, je l’avoue. J’ai téléphoné à mon médecin de famille, mais il était en vacances. J’ai appelé quatre cliniques sans rendez-vous dans mon secteur, sans succès. Ces cliniques priorisent leurs propres patients durant la première heure des inscriptions téléphoniques, ce qui est généralement suffisant pour combler toutes les places disponibles. Les trois CLSC de mon secteur n’ont pas de médecin sur place pour les urgences.
Donc, oui, je me suis rendu aux urgences sans raison « médicale » valable. Tous les employés que j’ai rencontrés à l’urgence me l’ont d’ailleurs fait sentir, à moins que j’eusse fait de la projection, trouvant moi-même inapproprié de me rendre à l’urgence pour une bronchite. Durant les treize heures que j’ai attendues à l’urgence, je souhaitais être ailleurs.
Je souhaitais être ailleurs, mais je souhaitais aussi guérir ou, au moins, avoir l’heure juste de mon état. J’étais à bout de ressources et inquiet, peut-être parce que je suis trop rarement malade pour être bien informé.
Quoi qu’il en soit, il n’est pas normal de se rendre aux urgences pour une bronchite, mais je vois aussi la situation ainsi : il n’est pas normal d’être poussé vers l’urgence pour une bronchite parce que rencontrer un médecin en clinique, autre que son propre médecin, est une mission presque impossible. En tout cas, moi, plié à deux par la toux et la douleur, je la trouvais impossible.